{"id":1106,"date":"2023-01-17T08:44:00","date_gmt":"2023-01-17T07:44:00","guid":{"rendered":"http:\/\/regis-schlagdenhauffen.eu\/?p=1106"},"modified":"2022-12-28T08:55:12","modified_gmt":"2022-12-28T07:55:12","slug":"au-commencement-etait-lalsace-les-debuts-de-la-revue-des-sciences-sociales","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/regis-schlagdenhauffen.eu\/?p=1106","title":{"rendered":"Au commencement \u00e9tait l\u2019Alsace\u00a0&#8211; Les d\u00e9buts de la\u00a0Revue des sciences sociales"},"content":{"rendered":"\n<p>La&nbsp;<em>Revue des sciences sociales<\/em>&nbsp;(RSS) a connu de grandes transformations au cours de son existence, notamment en se d\u00e9centrant continuellement de son point de gravit\u00e9 originel, l\u2019Alsace (<em>cf<\/em>. l\u2019article de Maurice Blanc sur les \u00ab&nbsp;trois p\u00e9riodes&nbsp;\u00bb de la revue dans ce num\u00e9ro). Bien qu\u2019officiellement d\u00e9nomm\u00e9e au d\u00e9part&nbsp;<em>Revue des sciences sociales de la France de l\u2019Est<\/em>,<em>&nbsp;<\/em>les articles et contributions concernant les d\u00e9partements situ\u00e9s au-del\u00e0 de la ligne bleue des Vosges restent rares durant les dix premi\u00e8res ann\u00e9es de son existence. Tout semble \u00e0 laisser croire que l\u2019une des volont\u00e9s de la&nbsp;<em>Revue<\/em>&nbsp;\u00e0 ses d\u00e9buts consistait en une investigation de l\u2019Alsace et de ses singularit\u00e9s au moyen des outils offerts par les sciences sociales.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En consid\u00e9rant les choses de la sorte, la revue vient compl\u00e9ter la panoplie existante de revues alsaciennes \u00e9dit\u00e9es par des soci\u00e9t\u00e9s scientifiques telle que la&nbsp;<em>Revue d\u2019Alsace<\/em>&nbsp;fond\u00e9e en 1834 (et qui est, semble-t-il, le plus ancien p\u00e9riodique fran\u00e7ais d\u2019histoire r\u00e9gionale) (Kim, 1984)<a href=\"applewebdata:\/\/8CA428D5-83FF-49E6-A031-8E4FD1A81BF3#_ftn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>) ou les&nbsp;<em>Saisons d\u2019Alsace<\/em>, fond\u00e9e en 1948 dans le but de&nbsp;\u00ab&nbsp;peindre l\u2019image de l\u2019Alsace vivante et cr\u00e9atrice<a href=\"applewebdata:\/\/8CA428D5-83FF-49E6-A031-8E4FD1A81BF3#_ftn2\"><sup>[2]<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb (Daul et al., 2010) ou encore&nbsp;<em>La vie en Alsace&nbsp;<\/em>(1923-1980).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s le d\u00e9part la Revue des sciences sociales se veut pluridisciplinaire. Le num\u00e9ro&nbsp;1 distingue ainsi les contributions relevant de la sociologie, de celles relevant de la d\u00e9mographie et de l\u2019ethnologie qui sont donc les trois grandes disciplines enseign\u00e9es \u00e0 la facult\u00e9 des sciences sociales de Strasbourg alors dirig\u00e9e par Julien Freund.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la suite de cette contribution, la question des disciplines sera cependant marginale puisque je vais tout d\u2019abord m\u2019int\u00e9resser aux contributeurs et contributrices des premiers num\u00e9ros de la revue, c\u2019est-\u00e0-dire de 1972 \u00e0 1982 puis, tenter, dans un second temps de d\u00e9gager une ligne \u00e9ditoriale avant d\u2019aborder, par la suite, quelques aspects saillants de la premi\u00e8re p\u00e9riode d\u2019existence de la revue. Comme nous le verrons, la revue semble remplir trois fonctions&nbsp;: promouvoir et rendre visible les r\u00e9sultats d\u2019enqu\u00eates de sciences sociales produites localement, accorder une place \u00e0 celles produites par des femmes \u2013 \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 les hommes dominaient les sciences sociales \u2013 et enfin, poser des jalons de recherches \u00e0 venir.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong><u>I \u2013 Contributrices et contributeurs.&nbsp;<\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>1-1 Les comit\u00e9s<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Avant d\u2019aborder les aspects relatifs aux contributrices et contributeurs, il convient de souligner que le comit\u00e9 de r\u00e9daction de la revue t\u00e9moigne d\u2019une grande stabilit\u00e9 d\u00e8s ses d\u00e9buts. Dirig\u00e9e par Julien Freund, celui-ci est entour\u00e9 jusqu\u2019en 1979 de Marie-No\u00eble Denis et Freddy Rapha\u00ebl en tant que secr\u00e9taires de r\u00e9dactions. \u00c0 leurs c\u00f4t\u00e9s, Jacques Demange et Georges Schaaf. \u00c0 partir du n\u00b03 (1974) le secr\u00e9tariat est assur\u00e9 par Francine Kuczowski ce qui t\u00e9moigne de l\u2019implantation de la revue dans le paysage local. Puis, en 1980, la direction de la revue est confi\u00e9e \u00e0 Freddy Rapha\u00ebl. L\u2019ann\u00e9e suivante, le comit\u00e9 de r\u00e9daction se voit remani\u00e9&nbsp;: Marie-No\u00eble Denis reste certes secr\u00e9taire de r\u00e9daction mais que le comit\u00e9 est profond\u00e9ment modifi\u00e9&nbsp;: St\u00e9phane Jonas, Robert Froechlicher et Pierre Vogler l\u2019int\u00e8grent, tandis que Marie-Louise Rollet reprend le secr\u00e9tariat assur\u00e9 jusqu\u2019alors par F. Kuczowski. Enfin, en 1984 (n\u00b013), le secr\u00e9tariat de r\u00e9daction tout comme le comit\u00e9 de r\u00e9daction sont \u00e0 nouveau \u00e9largis, pr\u00e9lude \u00e0 l\u2019actuel format de la revue selon lequel chaque livraison est th\u00e9matique. \u00c0 cette occasion, Anny Bloch-Raymond int\u00e8gre le secr\u00e9tariat de r\u00e9daction tandis que Claude Regnier et Christian de Montlibert rejoignent le comit\u00e9 de r\u00e9daction aux c\u00f4t\u00e9s de St\u00e9phane Jonas,&nbsp;<a>Robert Froehlicher<\/a>&nbsp;et Pierre Vogler.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Au niveau du comit\u00e9 de r\u00e9daction, on constate donc une certaine stabilit\u00e9, mais aussi quelques moments de rupture, comme en 1984 o\u00f9 seuls deux \u00ab&nbsp;membres fondateurs&nbsp;\u00bb subsistent encore au sein de l\u2019\u00e9quipe. De plus, durant les premi\u00e8res ann\u00e9es le comit\u00e9 reste tr\u00e8s masculin. Il ne se f\u00e9minise que doucement \u00e0 partir des ann\u00e9es 1980. Enfin, il semble que ce soit l\u2019\u00e9quipe \u00e9ditoriale qui donne l\u2019impulsion ou le style original de la revue en mati\u00e8re de choix \u00e9ditoriaux. En ce sens, les rubriques de la revue tout comme les contributrices et contributeurs publi\u00e9s semblent intrins\u00e8quement li\u00e9s.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>1-2 Premi\u00e8res autrices, premiers auteurs<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019agissant des autrices et auteurs, une premi\u00e8re observation, concernant les num\u00e9ros 1 \u00e0 11 nous permet de distinguer trois cat\u00e9gories&nbsp;: celles et ceux que l\u2019on peut qualifier d\u2019incontournables et que l\u2019on retrouve tout le temps, puis les r\u00e9guliers et enfin celles et ceux qui ne contribuent que sporadiquement voire qu\u2019une seule fois \u00e0 la revue, tout du moins jusqu\u2019au num\u00e9ro onze.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019agissant des premiers auteurs incontournables &#8211; et en distinguant les premiers des deuxi\u00e8mes auteurs (lorsqu\u2019il y a co-publication), on constate que Marie-No\u00eble Denis tient le haut du pav\u00e9 avec douze contributions en tant que premi\u00e8re autrice, soit un article dans chaque num\u00e9ro. Elle est talonn\u00e9e de pr\u00e8s par Freddy Rapha\u00ebl qui cependant, appara\u00eet aussi, comme nous le verrons par apr\u00e8s, de mani\u00e8re r\u00e9currente en tant que second auteur. S\u2019ensuit, en troisi\u00e8me position, Pierre Vogler (qui n\u2019est autre que le successeur de Viviana P\u00e2ques \u00e0 l\u2019Institut d\u2019ethnologie<a href=\"applewebdata:\/\/8CA428D5-83FF-49E6-A031-8E4FD1A81BF3#_ftn3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>). M.-N. Denis, F. Rapha\u00ebl et P. Vogler \u00ab&nbsp;repr\u00e9sentent&nbsp;\u00bb les trois instituts que comporte la facult\u00e9 de sciences sociales de Strasbourg et les trois cat\u00e9gories principales de la revue \u00e0 ses d\u00e9buts&nbsp;: la sociologie, la d\u00e9mographie et l\u2019ethnologie (cf. M. Blanc et F. Rapha\u00ebl, \u00ab&nbsp;Strasbourg, Carrefour des sociologies&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>RSS,&nbsp;<\/em>n\u00b040, 2008).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Un second groupe est constitu\u00e9 des contributrices et contributeurs r\u00e9guliers. Parmi ceux-ci nous pouvons distinguer deux groupes sur la p\u00e9riode consid\u00e9r\u00e9e&nbsp;: celles et ceux qui contribuent intens\u00e9ment dans quelques livraisons, telle justement Viviana P\u00e2ques qui contribua \u00e0 chaque livraison du n\u00b01 \u00e0 5 ou Colette M\u00e9chin qui livre un premier article en 1978, puis publie sans discontinuer \u00e0 partir de 1980. D\u2019autres, tels Christian de Montlibert, sont plus \u00ab&nbsp;irr\u00e9guliers&nbsp;\u00bb&nbsp;: un article en 1976, puis un en 1980, puis deux en 1982 en tant que premier auteur. De m\u00eame s\u2019agissant de l\u2019ethnologue Pierre Erny.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, un dernier groupe, de loin le plus nombreux, est constitu\u00e9 des contributrices et contributeurs sporadiques voire unique (parmi les 134 articles analys\u00e9s ici). On d\u00e9nombre ainsi 27 contributeurs ou contributrices uniques, dix qui contribuent \u00e0 deux reprises, et trois \u00e0 trois reprises en tant que premier auteur&nbsp;: Jacques Demange, Bernard Woehl ainsi que Claude Regnier. Ce dernier succ\u00e8de d\u2019ailleurs en 1974 et dans un premier temps&nbsp;\u00e0 Julien Freund \u00e0 la t\u00eate de l\u2019UER des sciences sociales (1974-1976) avant d\u2019\u00eatre \u00e9lu (en 1988) pr\u00e9sident de l\u2019universit\u00e9 des Sciences humaines de Strasbourg (Strasbourg II) qu\u2019il dirigea jusqu\u2019en 1993.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>1-3 Les seconds auteurs<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les 134 articles constituant le corpus des publications de la revue jusqu\u2019en 1982, 25 sont co-sign\u00e9s (soit 19&nbsp;%). Ils nous permettent de nous int\u00e9resser aux seconds auteurs. Parmi ceux-ci, seul Freddy Rapha\u00ebl sort du lot avec six publications (entre 1976 et 1982) dans lesquelles il apparait en tant que second auteur. La question des premier et second auteur ne semble pas relever d\u2019une simple convention li\u00e9e \u00e0 l\u2019ordre alphab\u00e9tique. Par exemple, dans le n\u00b010, l\u2019article \u00ab&nbsp;Contes et m\u00e9moire collective chez les Juifs maghr\u00e9bins en Alsace&nbsp;\u00bb a pour premi\u00e8re autrice Muriel Klein Zolty et second auteur Freddy Rapha\u00ebl tandis que dans le&nbsp;n\u00b011, l\u2019article \u00ab&nbsp;Jalons pour l\u2019\u00e9tude de l\u2019humour jud\u00e9oalsacien&nbsp;\u00bb a pour premier auteur Freddy Rapha\u00ebl et seconde autrice Muriel Klein Zolty. De m\u00eame, s\u2019agissant d\u2019un article cosign\u00e9 Bernard Woehl (premier auteur) et Andr\u00e9 Kocher (deuxi\u00e8me auteur)&nbsp;: \u00ab&nbsp;La Canardi\u00e8re&#8230; vingt ans apr\u00e8s&nbsp;\u00bb, n\u00b05).<\/p>\n\n\n\n<p>Concernant plus pr\u00e9cis\u00e9ment Freddy Rapha\u00ebl, on peut distinguer deux situations le concernant. Tout d\u2019abord, celles o\u00f9 le premier auteur est une femme. Il cosigne ainsi deux articles s\u2019inscrivant dans le cadre d\u2019une m\u00eame enqu\u00eate avec Genevi\u00e8ve Herberich&nbsp;: \u00ab&nbsp;Les ex-voto de Notre-Dame de Thierenbach (18\u00b0 au 20\u00b0 si\u00e8cle)&nbsp;\u00bb, n\u00b09) et \u00ab&nbsp;Messages et pri\u00e8res des p\u00e8lerins de Thierenbach&nbsp;\u00bb, n\u00b011) ainsi que deux articles avec Muriel Klein-Zolty (cf. supra). Dans les autres cas, F. Rapha\u00ebl appara\u00eet comme deuxi\u00e8me auteur aux c\u00f4t\u00e9s d\u2019hommes, dont notamment d\u2019Andr\u00e9 Boncourt (\u00ab&nbsp;Le Feu du Samedi Saint en Alsace&nbsp;\u00bb, n\u00b07), de Juan Matas (\u00ab&nbsp;Dissidence dans la dissidence &#8230; Remise en cause et confirmation de la tradition mennonite&nbsp;\u00bb, n\u00b010). On constate donc que Freddy Rapha\u00ebl, en plus d\u2019\u00eatre l\u2019un des premiers auteurs dont les travaux sont tr\u00e8s pr\u00e9sents dans la revue est aussi le second auteur le plus assidu, ce qui nous indique encore que les recherches qu\u2019il conduit l\u2019am\u00e8nent \u00e0 privil\u00e9gier le collectif.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les seconds auteurs, Genevi\u00e8ve Herberich se distingue ensuite avec deux articles cosign\u00e9s aux c\u00f4t\u00e9s de Francis Girardin. Il s\u2019agit l\u00e0 encore d\u2019articles portant sur une m\u00eame enqu\u00eate relative aux \u00ab&nbsp;ex-voto peints et le p\u00e8lerinage \u00e0 St. Florent d\u2019Oberhaslach (n\u00b07 et 8). De m\u00eame Vincent Pirard, publie \u00e0 deux reprises en tant que second auteur aux c\u00f4t\u00e9s de Jacqueline Igersheim&nbsp;: \u00ab&nbsp;Situations familiales et niveaux d\u2019activit\u00e9 des femmes&nbsp;\u00bb (n\u00b03, 1974) et \u00ab&nbsp;Attitude des femmes face \u00e0 la pilule&nbsp;\u00bb (n\u00b04, 1975). Puis, tous les autres seconds auteurs parmi les 18 comptabilis\u00e9s n\u2019apparaissent qu\u2019une seule fois dans le corpus. \u00c0 cet \u00e9gard, on constate qu\u2019il s\u2019agit de 15 hommes et 3 femmes. Sachant cela, on peut se demander quelle est la place des femmes dans la revue, notamment parmi les premiers auteurs et autrices&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>1-4 Femmes et hommes publiant dans la&nbsp;<em>RSS<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le secr\u00e9tariat de r\u00e9daction est conjointement assur\u00e9 par un homme et une femme d\u00e8s les d\u00e9buts de la revue. Le reste du comit\u00e9 reste cependant tr\u00e8s masculin comme nous l\u2019avons vu. S\u2019agissant des contributrices et contributeurs, nous observons toutefois une plus grande parit\u00e9. Sur toute la p\u00e9riode 1972-1982, les femmes repr\u00e9sentent environ 45% des premiers auteurs m\u00eame si des divergences sont observables selon les num\u00e9ros. \u00c0 l\u2019exception du num\u00e9ro 9, qui comporte une parit\u00e9 de genre en termes de premier auteur, tous les autres num\u00e9ros comportent un peu plus d\u2019auteurs hommes que femmes. Toutefois, tendanciellement le pourcentage de femmes premier auteur \u00e9volue puisque de 40% dans le num\u00e9ro 1, leur proportion tend progressivement vers la parit\u00e9. Ce fait, assez rare, m\u00e9rite d\u2019\u00eatre soulign\u00e9 puisque de nombreuses \u00e9tudes ont tendance \u00e0 montrer, qui plus est pour les ann\u00e9es qui nous concernent, la d\u00e9cennie 70 du si\u00e8cle pass\u00e9, que la publication scientifique \u00e9tait majoritairement l\u2019apanage des hommes (et le reste encore de nos jours pour partie d\u2019ailleurs<a href=\"applewebdata:\/\/8CA428D5-83FF-49E6-A031-8E4FD1A81BF3#_ftn4\"><sup>[4]<\/sup><\/a>). En ce sens, la&nbsp;<em>Revue des sciences sociales&nbsp;<\/em>semble se distinguer en ce qu\u2019elle laisse une plus grande place \u00e0 la parole des femmes que d\u2019autres revues scientifiques qui lui sont contemporaines. Pour s\u2019en convaincre, porter un regard sur les auteurs et autrices des&nbsp;<em>Actes de la recherche en sciences sociales<\/em>&nbsp;suffit&nbsp;: parmi les 6 num\u00e9ros qui composent le volume 1 (1975) de la revue, seule Francine Muel<a href=\"applewebdata:\/\/8CA428D5-83FF-49E6-A031-8E4FD1A81BF3#_ftn5\"><sup>[5]<\/sup><\/a>&nbsp;apparait comme premier auteur dans le n\u00b01<a href=\"applewebdata:\/\/8CA428D5-83FF-49E6-A031-8E4FD1A81BF3#_ftn6\"><sup>[6]<\/sup><\/a>&nbsp;; dans les n\u00b02 et 3, aucune femme premier auteur<a href=\"applewebdata:\/\/8CA428D5-83FF-49E6-A031-8E4FD1A81BF3#_ftn7\"><sup>[7]<\/sup><\/a>&nbsp;; dans le n\u00b04 deux femmes, Yvette Delsaut et Janine Verdes-Leroux, contre six hommes. Les n\u00b05 et 6 sont quant \u00e0 deux int\u00e9gralement masculins aussi bien en termes de premier que de second auteur. D\u2019ailleurs, un m\u00eame constat s\u2019applique aussi \u00e0 la&nbsp;<em>Revue fran\u00e7aise de sociologie<\/em>&nbsp;fond\u00e9e en 1960 par Jean Stoetzel (Girard, 1987)&nbsp;: les femmes y sont tr\u00e8s minoritaires. \u00c0 titre d\u2019exemple, dans les quatre num\u00e9ros qui constituent le volume 15 de la RFS (1975), on compte deux femmes versus deux hommes dans le num\u00e9ro 1, aucune dans le num\u00e9ro 1<sup>bis<\/sup>, aucune dans le num\u00e9ro 2<a href=\"applewebdata:\/\/8CA428D5-83FF-49E6-A031-8E4FD1A81BF3#_ftn8\"><sup>[8]<\/sup><\/a>, aucune dans les num\u00e9ros 3 et 4. En ce sens, la&nbsp;<em>Revue des sciences sociales&nbsp;<\/em>peut para\u00eetre avant-gardiste en ce qui concerne la place des femmes dans le paysage scientifique des revues de sciences sociales fran\u00e7aises au moment de sa fondation, sujet qui resterait \u00e0 investiguer de mani\u00e8re plus syst\u00e9matis\u00e9e au travers d\u2019une enqu\u00eate n\u00e9cessairement comparative.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong><u>II \u2013 La ligne \u00e9ditoriale de la revue<\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019exception du n\u00b01, les autres premiers num\u00e9ros de la revue sont exempts de tout avant-propos ou introduction. S\u2019agissant du seul avant-propos \u00e0 notre disposition, il a le m\u00e9rite malgr\u00e9 sa bri\u00e8vet\u00e9 de clarifier le propos&nbsp;:&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab La Revue des Sciences Sociales de la France de l\u2019Est se propose de pr\u00e9senter chaque ann\u00e9e un aper\u00e7u des travaux [men\u00e9s au sein de l\u2019Unit\u00e9 d\u2019Enseignement et de Recherches des Sciences Sociales de l\u2019Universit\u00e9 des Sciences Humaines de Strasbourg (qui) a entrepris une s\u00e9rie de recherches et d\u2019enqu\u00eates concernant les probl\u00e8mes sociologiques, ethnologiques et d\u00e9mographiques sp\u00e9cifiquement alsaciens], et d\u2019y associer ceux d\u2019enseignants et de chercheurs des universit\u00e9s de la France de l\u2019Est ayant des pr\u00e9occupations analogues.&nbsp;\u00bb (La r\u00e9daction, \u00ab&nbsp;Avant-Propos&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Revue des sciences sociales de la France de l\u2019Est<\/em>, n\u00b01, p. 3).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019objectif que la revue s\u2019est assign\u00e9 semble clair&nbsp;: enqu\u00eater sur des probl\u00e8mes typiquement alsaciens, en faisant appel aux sciences sociales et restituer les r\u00e9sultats de ces enqu\u00eates dans une revue&nbsp;<em>ad hoc<\/em>. La justification premi\u00e8re de la revue appara\u00eet de mani\u00e8re plus claire dans le premier article du premier num\u00e9ro, qui fait donc imm\u00e9diatement suite \u00e0 l\u2019avant-propos, intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Propos sur la r\u00e9gionalisation. La tradition alsacienne&nbsp;\u00bb sign\u00e9 de la plume de Julien Freund. Cet article s\u2019inscrit dans un contexte politique et social particulier qui fait suite d\u2019une part \u00e0 l\u2019\u00e9chec du r\u00e9f\u00e9rendum sur la r\u00e9forme du S\u00e9nat et la r\u00e9gionalisation (1969) qui aurait donn\u00e9 plus d\u2019autonomie aux r\u00e9gions et qui \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme une vaine tentative d\u2019apaisement post-68. Mais il acte surtout le d\u00e9saveu du G\u00e9n\u00e9ral de Gaulle. Alors que la France vote \u00e0 52&nbsp;% contre, le oui est pourtant majoritaire en Alsace, tout comme en Bretagne, en Corse et au Pays Basque<a href=\"applewebdata:\/\/8CA428D5-83FF-49E6-A031-8E4FD1A81BF3#_ftn9\"><sup>[9]<\/sup><\/a>. Cependant, et tel est l\u2019argument avanc\u00e9 par Julien Freund, \u00ab&nbsp;de toutes les provinces fran\u00e7aises l\u2019Alsace est la seule qui poss\u00e8de une tradition r\u00e9gionaliste&nbsp;\u00bb. La suite de l\u2019article est d\u00e9di\u00e9e \u00e0 une histoire de cette tradition, \u00e0 sa compr\u00e9hension et montre qu\u2019elle se superpose pour partie avec des luttes politiques et sociales dont celles des mouvements et partis autonomistes alsaciens (de gauche comme de droite). \u00c0 cela s\u2019ajoute un autre argument&nbsp;: la mise en avant de \u00ab&nbsp;sp\u00e9cificit\u00e9s alsaciennes&nbsp;\u00bb au sujet desquelles Freund rappelle que&nbsp;: \u00ab&nbsp;nous pouvons dire qu\u2019en plusieurs domaines, ce qui existe chez nous peut servir d&rsquo;exemple \u00e0 l\u2019ensemble de la France \u2014 c\u2019est le cas de la l\u00e9gislation sociale, du livre foncier, de la poste et du chemin de fer&nbsp;\u00bb (<em>art. cit.<\/em>, p. 8). De l\u00e0 d\u00e9coule le constat suivant&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le paradoxe de la situation alsacienne entre les deux guerres et qui subsiste encore aujourd&rsquo;hui consiste en ce qu\u2019elle vit sous un r\u00e9gime particulier sans reconnaissance du fait r\u00e9gional&nbsp;\u00bb (<em>art. cit.<\/em>, p. 9). Par cons\u00e9quent, l\u2019ambition premi\u00e8re de la revue semble \u00eatre justement la mise en avant et la compr\u00e9hension de la singularit\u00e9 de la situation alsacienne appr\u00e9hend\u00e9e \u00e0 travers la focale des sciences sociales. L\u2019\u00e9quilibre recherch\u00e9, mais pas toujours atteint, semble \u00eatre celui des disciplines constitutives des sciences sociales tout comme un souci de comprendre l\u2019Alsace \u00e0 travers ses traditions (arts et traditions populaires, architecture et ethnologie) et les groupes sociaux, religieux et ethniques qui la composent&nbsp;: patronat, ouvriers et paysans&nbsp;; juifs catholiques et protestants&nbsp;; mennonites, tsiganes, y\u00e9niches, etc&nbsp;; ainsi que sous d\u2019autres aspects encore tels que le th\u00e9\u00e2tre, les langues parl\u00e9es en Alsace, ou encore sa place singuli\u00e8re en Europe. Tous ces \u00e9l\u00e9ments vont \u00eatre abord\u00e9s dans un instant dans les sous-parties qui suivent.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>2-1 Un ancrage disciplinaire fort<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Jusqu\u2019\u00e0 la r\u00e9organisation de la revue en 1984, les articles de chaque livraison sont class\u00e9s par discipline. D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, et sur les 151 articles qui ont permis l\u2019\u00e9tablissement de statistiques, on constate que la&nbsp;<em>Revue des sciences sociales<\/em>&nbsp;est avant tout une revue de sociologie, les articles relevant de cette discipline repr\u00e9sentant 49&nbsp;% du total. S\u2019ensuivent l\u2019ethnologie (22&nbsp;%) au sujet de laquelle on peut distinguer une ethnologie locale d\u2019une ethnologie lointaine, puis la d\u00e9mographie (14&nbsp;%). Au total, 85&nbsp;% des articles rel\u00e8vent de ces trois disciplines. Les autres relevant de l\u2019urbanisme, de la linguistique et de la pol\u00e9mologie. Cette derni\u00e8re cat\u00e9gorie n\u2019apparait que dans une seule livraison de la revue, en 1975 et nous indique une tentative, peu fructueuse au niveau de la revue, d\u2019instituer la pol\u00e9mologie en tant que discipline autonome et dont on doit la promotion en France \u00e0 Gaston Bouthoul, Louise Weiss<a href=\"applewebdata:\/\/8CA428D5-83FF-49E6-A031-8E4FD1A81BF3#_ftn10\"><sup>[10]<\/sup><\/a>&nbsp;et Julien Freund, [<em>cf<\/em>. article de&nbsp;Pascal Hintermeyer dans ce m\u00eame num\u00e9ro]<a href=\"applewebdata:\/\/8CA428D5-83FF-49E6-A031-8E4FD1A81BF3#_ftn11\"><sup>[11]<\/sup><\/a>.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que n\u2019apparaissant qu\u2019une seule fois en tant que discipline, la pol\u00e9mologie (ou \u00e9tude des conflits) semble pourtant \u00eatre un fil directeur implicite de la revue puisque, num\u00e9ro apr\u00e8s num\u00e9ro, elle met en avant des conflits, entre classes sociales, de m\u00e9moires, de cultures, entre groupes religieux, linguistiques, entre l\u2019Alsace et les pouvoirs centraux, etc. comme nous allons le voir dans la partie qui suit.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>2-2 Th\u00e8mes marginaux et th\u00e8mes r\u00e9currents&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Parmi 135 articles publi\u00e9s entre 1972 et 1982, nous pouvons constater que certains th\u00e8mes sont travaill\u00e9s, d\u00e9clin\u00e9s, affin\u00e9s num\u00e9ro apr\u00e8s num\u00e9ro, tandis que d\u2019autres restent marginaux ou ne sont pr\u00e9sent\u00e9s qu\u2019une seule fois. R\u00e9aliser un d\u00e9coupage th\u00e9matique des articles n\u2019est pas chose ais\u00e9e et les r\u00e9sultats propos\u00e9s ici pourraient donner lieu \u00e0 discussion, r\u00e9interpr\u00e9tation selon les choix op\u00e9r\u00e9s pour r\u00e9aliser l\u2019analyse statistique pr\u00e9sent\u00e9e ci-apr\u00e8s. Prenons \u00e0 titre d\u2019exemple la cat\u00e9gorie \u00ab&nbsp;genre&nbsp;\u00bb qui agr\u00e8ge les quatre articles suivants relevant des rapports sociaux de sexe entre hommes et femmes&nbsp;: 1\u00b0 \u00ab&nbsp;Situations familiales et niveaux d&rsquo;activit\u00e9 des femmes&nbsp;\u00bb (Jacqueline Igersheim et Vincent Pirard, n\u00b03, 1974), 2\u00b0 \u00ab&nbsp;Attitude des femmes face \u00e0 la pilule&nbsp;\u00bb (Jacqueline Igersheim et Vincent Pirard, n\u00b04, 1975), 3\u00b0 \u00ab&nbsp;Rupture du lien conjugal et appropriation du logement chez les veuves et divorc\u00e9es \u00e0 la Canardi\u00e8re (Strasbourg)&nbsp;\u00bb (Andr\u00e9 Kocher, n\u00b07, 1978) et 4\u00b0 \u00ab&nbsp;Vigne-Femme, Vin-Homme&nbsp;\u00bb (Jocelyne Bonnet, n\u00b0 8, 1979). Ces quatre articles ne rel\u00e8vent pas des m\u00eames disciplines et ne font pas appel aux m\u00eames m\u00e9thodologies. Ils ont cependant pour point commun de s\u2019int\u00e9resser sp\u00e9cifiquement \u00e0 des probl\u00e9matiques touchant les femmes (la pilule contraceptive) ou de proposer une analyse pla\u00e7ant en son c\u0153ur les r\u00f4les diff\u00e9renci\u00e9s attribu\u00e9s aux femmes et aux hommes. En revanche l\u2019article \u00ab&nbsp;Le mariage traditionnel en Alsace (exemple d\u2019un village du comt\u00e9 de Hanau-Lichtenberg de 1737 \u00e0 1837)&nbsp;\u00bb a \u00e9t\u00e9 cat\u00e9goris\u00e9 comme relevant de la d\u00e9mographie (historique de l\u2019Alsace) car une perspective de genre n\u2019y est pas privil\u00e9gi\u00e9e.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les analyses statistiques suivantes sont donc \u00e0 consid\u00e9rer avant tout comme des tendances, des inflexions et non comme des certitudes dot\u00e9es d\u2019absolu. Qui plus est, comme nous allons le voir, les th\u00e8mes r\u00e9currents sont aussi ceux travaill\u00e9s par des auteurs fid\u00e8les, comptant parmi les&nbsp;<em>happy-few<\/em>&nbsp;disposant de leurs entr\u00e9es dans la revue, notamment en raison de leur position privil\u00e9gi\u00e9e dans le champ des sciences-sociales alsaciennes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, le th\u00e8me le plus souvent pr\u00e9sent dans la revue \u00e0 ses d\u00e9buts rel\u00e8ve du registre des arts et traditions populaires. Il comprend 23 articles pr\u00e9sent\u00e9s selon leur ordre de parution dans le tableau ci-dessous&nbsp;: on y rel\u00e8ve une grande diversit\u00e9 de sujets tel que la sorcellerie, la cuisine alsacienne, la tradition du \u00ab&nbsp;Stammtisch&nbsp;\u00bb, les f\u00eates populaires tel que le Carnaval ou les contes populaires.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><tbody><tr><td><strong>N\u00b0<\/strong><\/td><td><strong>Ann\u00e9e<\/strong><\/td><td><strong>Nom 1<\/strong><\/td><td><strong>Nom 2<\/strong><\/td><td><strong>Titre article<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>3<\/td><td>1974<\/td><td>Julien FREUND<\/td><td>Aphorismes sur l\u2019architecture rurale&nbsp;<\/td><\/tr><tr><td>4<\/td><td>1975<\/td><td>Viviana PAQUES<\/td><td>Carnaval, f\u00eate du mariage et de la mort&nbsp;<\/td><\/tr><tr><td>4<\/td><td>1975<\/td><td>Pierre VOGLER<\/td><td>La paille et le sapin&nbsp;<\/td><\/tr><tr><td>4<\/td><td>1975<\/td><td>Marie-No\u00eble DENIS<\/td><td>La cuisine alsacienne&nbsp;<\/td><\/tr><tr><td>4<\/td><td>1975<\/td><td>Eve CERF<\/td><td><\/td><td>Les contes merveilleux du th\u00e9\u00e2tre alsacien de Strasbourg&nbsp;<\/td><\/tr><tr><td>5<\/td><td>1976<\/td><td>Suzie GUTH<\/td><td><\/td><td>Le st\u00e9r\u00e9otype de la cuisine alsacienne<\/td><\/tr><tr><td>7<\/td><td>1978<\/td><td>Andr\u00e9 BONCOURT<\/td><td>&amp; Freddy RAPHAEL<\/td><td>Le Feu du Samedi Saint en Alsace<\/td><\/tr><tr><td>7<\/td><td>1978<\/td><td>Eve CERF<\/td><td><\/td><td>Carnavals en Alsace : Tradition, \u00c9volution, Manipulation<\/td><\/tr><tr><td>7<\/td><td>1978<\/td><td>Colette MECHIN<\/td><td>Saint Gangolf et les sifflets du printemps<\/td><\/tr><tr><td>8<\/td><td>1979<\/td><td>Pierre ERNY<\/td><td><\/td><td>La sorcellerie et nous<\/td><\/tr><tr><td>8<\/td><td>1979<\/td><td>Pierre ERNY<\/td><td><\/td><td>Panorama des recherches sur les contes populaires<\/td><\/tr><tr><td>8<\/td><td>1979<\/td><td>Brigitte DODU<\/td><td>La campagne de distillation en Alsace<\/td><\/tr><tr><td>8<\/td><td>1979<\/td><td>Julien NUSSBAUM<\/td><td>Aspects technologiques de la cuisine rurale alsacienne d&rsquo;autrefois&nbsp;<\/td><\/tr><tr><td>8<\/td><td>1979<\/td><td>Freddy SARG<\/td><td>Un bouilleur de cru d&rsquo;Alsace Bossue<\/td><\/tr><tr><td>9<\/td><td>1980<\/td><td>Marie-No\u00eble DENIS<\/td><td>Les Fours \u00e0 pain en Alsace<\/td><\/tr><tr><td>9<\/td><td>1980<\/td><td>Bertrand HELL<\/td><td>Pour une approche ethnologique de la bi\u00e8re en Alsace : Les Saints gardiens de pourceaux (I)<\/td><\/tr><tr><td>9<\/td><td>1980<\/td><td>Julien FREUND<\/td><td>Quelques aspects de la cuisine alsacienne<\/td><\/tr><tr><td>9<\/td><td>1980<\/td><td>Freddy SARG<\/td><td>Comment on \u00e9l\u00e8ve et on tue le cochon en Alsace Bossue<\/td><\/tr><tr><td>9<\/td><td>1980<\/td><td>Colette MECHIN<\/td><td>Saint Juvin d&rsquo;Ardenne<\/td><\/tr><tr><td>10<\/td><td>1981<\/td><td>Bertrand HELL<\/td><td>Le cycle de l\u2019orge\/bi\u00e8re : Les Saints gardiens de pourceaux (II)<\/td><\/tr><tr><td>10<\/td><td>1981<\/td><td>Isabelle BIANQUIS<\/td><td>Le \u00ab Stammtisch \u00bb en Alsace<\/td><\/tr><tr><td>10<\/td><td>1981<\/td><td>Colette MECHIN<\/td><td>Le porcher dans la tradition rurale<\/td><\/tr><tr><td>11<\/td><td>1982<\/td><td>Pierre VOGLER<\/td><td>Les dictons calendaires revisit\u00e9s.<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>En posant sur ces articles un regard contemporain, ils nous apparaissent comme des t\u00e9moignages de m\u00e9tiers ou de traditions pour partie disparus et nous permettent de constater les grands bouleversements sociaux que nous avons connus durant ces cinquante derni\u00e8res ann\u00e9es. Ils nous nous permettent aussi tout \u00e0 la fois de comprendre certaines singularit\u00e9s alsaciennes mais aussi d\u2019en saisir des points communs avec d\u2019autres traditions locales ou r\u00e9gionales.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Un second th\u00e8me particuli\u00e8rement travaill\u00e9 dans la revue est celui des \u00e9tudes juives, plus particuli\u00e8rement du juda\u00efsme alsacien, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019opini\u00e2tret\u00e9 de Freddy Rapha\u00ebl qui s\u2019est toujours engag\u00e9 en faveur de la visibilit\u00e9 des Juifs au sein de la m\u00e9moire collective alsacienne et dont une des singularit\u00e9s r\u00e9sidait dans leur omnipr\u00e9sence dans le paysage rural alsacien d\u2019avant la Shoah.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><tbody><tr><td><strong>N\u00b0<\/strong><\/td><td><strong>Ann\u00e9e<\/strong><\/td><td><strong>Nom 1<\/strong><\/td><td><strong>Nom 2<\/strong><\/td><td><strong>Titre article<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>1<\/td><td>1972<\/td><td>Freddy RAPHAEL<\/td><td>Repr\u00e9sentation des Juifs dans l\u2019art m\u00e9di\u00e9val en Alsace&nbsp;<\/td><\/tr><tr><td>2<\/td><td>1973<\/td><td>Ren\u00e9e NEHER-BERNHEIM<\/td><td>Un pittoresque t\u00e9moignage des manifestations populaires d\u2019antis\u00e9mitisme en Alsace&nbsp;<\/td><\/tr><tr><td>2<\/td><td>1973<\/td><td>Freddy RAPHAEL<\/td><td>Compte-rendu&nbsp;: Histoire des Juifs de France&nbsp;<\/td><\/tr><tr><td>2<\/td><td>1973<\/td><td>Freddy RAPHAEL<\/td><td>Pr\u00e9sence du Juif dans la statuaire romane en Alsace<\/td><\/tr><tr><td>3<\/td><td>1974<\/td><td>Freddy RAPHAEL<\/td><td>Juifs et sorci\u00e8res dans l&rsquo;Alsace m\u00e9di\u00e9vale&nbsp;<\/td><\/tr><tr><td>4<\/td><td>1975<\/td><td>F. RAPHAEL<\/td><td>R. WEYL<\/td><td>Jalons pour une histoire des Juifs en Alsace&nbsp;<\/td><\/tr><tr><td>5<\/td><td>1976<\/td><td>Freddy RAPHAEL<\/td><td>Pr\u00e9sence du Juif dans l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;Erckmann-Chatrian<\/td><\/tr><tr><td>8<\/td><td>1979<\/td><td>Freddy RAPHAEL<\/td><td>Nostalgie de la f\u00eate chez les Juifs du M\u2019Zab (Sud Alg\u00e9rien) r\u00e9fugi\u00e9s en Alsace<\/td><\/tr><tr><td>8<\/td><td>1979<\/td><td>Eve CERF<\/td><td><\/td><td>Identit\u00e9 et Culture Populaire, Le Dibbouk \u00e0 Strasbourg<\/td><\/tr><tr><td>9<\/td><td>1980<\/td><td>Freddy RAPHAEL<\/td><td>Les Juifs de la campagne alsacienne : les marchands de bestiaux<\/td><\/tr><tr><td>10<\/td><td>1981<\/td><td>Muriel KLEIN-ZOLTY<\/td><td>Freddy RAPHAEL<\/td><td>Contes et m\u00e9moire collective chez les Juifs maghr\u00e9bins en Alsace<\/td><\/tr><tr><td>11<\/td><td>1982<\/td><td>Freddy RAPHAEL<\/td><td>Muriel KLEIN-ZOLTY<\/td><td>Jalons pour l\u2019\u00e9tude de l\u2019humour jud\u00e9o alsacien.<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>La contribution de la revue aux \u00e9tudes juives est en ce sens remarquable&nbsp;: elle retrace la pr\u00e9sence juive en Alsace depuis le Moyen-\u00c2ge, cherche \u00e0 comprendre et analyser les racines de l\u2019antis\u00e9mitisme, documente l\u2019arriv\u00e9e des Juifs d\u2019Alg\u00e9rie et leur installation en Alsace et permet de mieux comprendre le r\u00f4le singulier jou\u00e9 par les Juifs au sein d\u2019une Alsace travers\u00e9e par de nombreux clivages et tensions dont les Juifs ont tant\u00f4t \u00e9t\u00e9 les r\u00e9v\u00e9lateurs, tant\u00f4t les boucs-\u00e9missaires.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autres th\u00e8mes, sont en revanche moins travaill\u00e9s ainsi que le montre la Figure [ci-dessus], notamment par exemple les Mennonites ou l\u2019Europe. Enfin, parmi les dix premiers num\u00e9ros de la revue, d\u2019autres sont plus rares encore, tels ceux ayant trait \u00e0 l\u2019environnement, la mort, la m\u00e9moire collective ou le th\u00e9\u00e2tre. Ils m\u00e9riteraient \u00e0 n\u2019en point douter une analyse plus approfondie qui d\u00e9passe l\u2019ambition de cette contribution.\u00a0\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p><strong>III \u2013 Aspects saillants et novateurs<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>De nombreux aspects pourraient \u00eatre mis en lumi\u00e8re concernant les dix premi\u00e8res livraisons de la&nbsp;<em>Revue des sciences sociales<\/em>. L\u2019un d\u2019eux concerne l\u2019ethnologie de l\u2019Alsace, non dans le culte des racines mais plut\u00f4t selon une vision fond\u00e9e sur une volont\u00e9 de mettre en lumi\u00e8re ses aspects les plus marginaux, minoritaires comme ceux ayant traits aux cultures tsiganes, y\u00e9niches et mennonites. Un second axe rel\u00e8ve des cultures et traditions populaires, du folklore, notamment au travers de superstitions, de sorcellerie et de surnaturel. Enfin un troisi\u00e8me axe rel\u00e8ve de la culture alsacienne appr\u00e9hend\u00e9e sous ces aspects d\u00e9mographiques d\u2019une part, mais aussi culinaires ou encore linguistiques.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9tude des minorit\u00e9s culturelles et religieuses \u00e9tablies en Alsace s\u2019inscrit au croisement de la sociologie des religions, du fait religieux et de celle de la culture. Les travaux de Freddy Rapha\u00ebl en particulier mais aussi d\u2019autres auteurs avec lesquels il a collabor\u00e9 ont pos\u00e9 les fondements de l\u2019\u00e9tude des Juifs d\u2019Alsace d\u2019une part mais aussi des grands bouleversements qu\u2019a connu la communaut\u00e9 juive en raison de la Shoah puis suite \u00e0 la d\u00e9colonisation de l\u2019Alg\u00e9rie qui a vu l\u2019installation en Alsace de Juifs s\u00e9farades. Si l\u2019on cherche \u00e0 \u00e9tablir un fil directeur concernant le d\u00e9ploiement des \u00e9tudes sur les Juifs d\u2019Alsace, on constate que les premiers travaux (n\u00b01 de la revue) portent sur les repr\u00e9sentations des Juifs dans l\u2019art m\u00e9di\u00e9val en Alsace dont \u00e0 travers deux motifs que sont la \u00ab&nbsp;truie aux juifs&nbsp;\u00bb et le \u00ab&nbsp;diable aux juifs&nbsp;\u00bb. Suite \u00e0 cela (n\u00b02), Freddy Rapha\u00ebl a \u00e9tendu la question de la repr\u00e9sentation des Juifs dans la statuaire chr\u00e9tienne en la cath\u00e9drale de Strasbourg et en l\u2019\u00e9glise Saint-L\u00e9ger de Guebwiller. Il montre, en s\u2019appuyant sur divers travaux que, jusqu\u2019au XIIIe si\u00e8cle, rien ne distinguait les Juifs des Gentils dans leur aspect ext\u00e9rieur. Dans le n\u00b04 de la revue on observe qu\u2019un programme de travail est \u00e9tabli. Il est intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;jalons pour une histoire des Juifs en Alsace&nbsp;\u00bb et sera suivi de quatre contributions co-\u00e9crites \u00e0 plusieurs mains. L\u2019un des axes du programme est ensuite \u00e9tir\u00e9 dans les num\u00e9ros suivants. Il concerne les \u00ab&nbsp;st\u00e9r\u00e9otypes du juif dans un village d\u2019Alsace&nbsp;\u00bb et souligne deux singularit\u00e9s du juda\u00efsme alsacien&nbsp;: sa dominante rurale que l\u2019on ne retrouve nulle part ailleurs en France, ainsi que la \u00ab&nbsp;fonction sociale&nbsp;\u00bb du colporteur juif en Alsace dont le souvenir reste entretenu par le mythe du Juif errant. Enfin, \u00e0 partir du n\u00b011, nous retrouvons un autre volet de recherche ouvert par Freddy Rapha\u00ebl et comportant deux facettes, l\u2019un sur le jud\u00e9o-alsacien et l\u2019autre sur l\u2019humour.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019agissant des Tsiganes, dont la pr\u00e9sence est attest\u00e9e en Alsace depuis des si\u00e8cles, les contributions les concernant sont plus rares mais n\u00e9anmoins significatives. D\u00e8s le n\u00b01 M.-P. Doll\u00e9, livre un article novateur et fort bien construit sur la notion de puret\u00e9 chez les manouches d\u2019Alsace, suivi d\u2019un autre sur la mort en milieu tsigane (n\u00b02). Ils pr\u00e9figurent en un sens l\u2019\u00e9tude magistrale de Patrick Williams (1993) sur les vivants et les morts en milieu manouche (Bensa, 2021). Enfin, Aparna Rao offre dans le n\u00b05 une plong\u00e9e et une analyse de l\u2019univers des tsiganes manouches du quartier du Polygone de Strasbourg. Il livre pour l\u2019\u00e9poque, une des premi\u00e8res \u00e9tudes approfondies de&nbsp;<em>romani studies.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Un autre aspect concerne les mennonites (ou anabaptistes) qui font leur apparition \u00e0 partir du n\u00b08 dans un article intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Identit\u00e9 et mutations Mennonites dans l\u2019Alsace d\u2019aujourd\u2019hui&nbsp;\u00bb et cosign\u00e9 de Juan Matas, Freddy Rapha\u00ebl, Michel et Louis Durrive. L\u2019article dont il est question est le fruit d\u2019une enqu\u00eate de terrain men\u00e9e \u00e0 Strasbourg et dans trois Assembl\u00e9es mennonites d\u2019Alsace et dont on peut retenir \u00e0 ce stade que \u00ab&nbsp;Minorit\u00e9 longtemps pers\u00e9cut\u00e9e. La communaut\u00e9 anabaptiste-mennonite garde pour caract\u00e9ristique essentielle une solidarit\u00e9 qui ne semble pas s\u00e9rieusement entam\u00e9e par les mutations en cours&nbsp;\u00bb (n\u00b08, p. 54). Deux autres articles compl\u00e8tent ce premier volet, l\u2019un sur les mennonites dissidents (Juan Matas et Freddy Rapha\u00ebl, n\u00b010), l\u2019autre sur des aspects historiques des mennonites d\u2019Alsace aux XVIIIe et XIXe si\u00e8cle (Marie-No\u00eble Denis, n\u00b011). Dans cette publication portant sur une \u00ab&nbsp;population peu nombreuse et sans expansion&nbsp;\u00bb (p. 129), M.-N. Denis montre que, contrairement aux id\u00e9es re\u00e7ues, les mennonites t\u00e9moignent d\u2019une int\u00e9gration effective, notamment au moyen de l\u2019embauchage de main d\u2019\u0153uvre, m\u00eame si, parall\u00e8lement toute \u00e9tude d\u00e9mographique reste d\u00e9licate dans la mesure o\u00f9, tout du moins pour la p\u00e9riode concern\u00e9e, les Anabaptistes sont rest\u00e9es en marge de l\u2019\u00e9tat civil (<em>cf<\/em>. aussi Epp, et al., 1992).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Un deuxi\u00e8me axe d\u00e9velopp\u00e9 dans les premi\u00e8res livraisons de la revue rel\u00e8ve de l\u2019\u00e9tude des arts et traditions populaires notamment \u00e0 travers la sorcellerie et le surnaturel faisant suite \u00e0 la publication de Jeanne Favret-Saada&nbsp;<em>Des mots, la Mort, les Sorts<\/em>&nbsp;(1977) mais d\u00e9j\u00e0 amorc\u00e9 par Freddy Rapha\u00ebl dans un article intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Juifs et sorci\u00e8res dans l\u2019Alsace m\u00e9di\u00e9vale&nbsp;\u00bb (n\u00b03). Ce qui distingue peut-\u00eatre ce deuxi\u00e8me axe du premier r\u00e9side dans l\u2019ouverture vers d\u2019autres horizons de la revue quant \u00e0 ces th\u00e9matiques&nbsp;: aussi bien Viviana P\u00e2ques que Pierre Erny offrent des comparaisons avec des terrains qui leurs sont familiers, en Afrique notamment. S\u2019agissant d\u2019autres aspects, ils font plut\u00f4t r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des syncr\u00e9tismes qui ont perdur\u00e9 en Alsace \u00e0 travers des f\u00eates dont le carnaval. Aux c\u00f4t\u00e9s de ces articles, nous pouvons enfin mentionner des travaux portant plus particuli\u00e8rement sur les contes et l\u00e9gendes, tels que ceux analys\u00e9s par Marie-Claude Groshens pour lesquels elle mobilise Max Weber, Maurice Halbwachs et Roger Bastide et qui ne sont pas sans rappeler d\u2019autres travaux \u2013 de nature structuraliste \u2013 portant par exemple sur la&nbsp;<em>Morphologie des contes<\/em>&nbsp;(Levi-Strauss, 1973&nbsp;;&nbsp;Propp, 1970), mais appliqu\u00e9s ici \u00e0 l\u2019Alsace.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, un troisi\u00e8me aspect que je souhaite explorer ici rel\u00e8ve des apports de la revue concernant la langue, la cuisine et plus g\u00e9n\u00e9ralement la culture alsaciennes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019agissant de la langue, un tout premier article de l\u2019ethnolinguiste Pierre Vogler appara\u00eet d\u00e8s le n\u00b01 dans la rubrique ethnologie&nbsp;: \u00ab&nbsp;esquisse phonologique du parler mulhousien&nbsp;\u00bb. L\u2019auteur s\u2019int\u00e9resse alors aux sp\u00e9cificit\u00e9s de l\u2019alsacien parl\u00e9 \u00e0 Mulhouse ville. Un an plus tard, une rubrique \u00ab&nbsp;ethnolinguistique&nbsp;\u00bb appara\u00eet en tant que tel \u00e0 la suite de la rubrique ethnologie. Elle ne comprend cependant qu\u2019un seul article, toujours de Pierre Vogler. Dans le n\u00b04, enfin, dans une rubrique d\u00e9sormais intitul\u00e9e \u00ab&nbsp;ethnologie \u2013 ethnolinguistique&nbsp;\u00bb, Vogler publie \u00e0 la suite de Viviana P\u00e2ques, un article intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;La paille et le sapin&nbsp;\u00bb dans lequel il examine les f\u00eates calendaires alsaciennes sous un angle s\u00e9miologique. R\u00e9pondant mieux aux canons que l\u2019on connait d\u00e9sormais des articles scientifiques, cette publication s\u2019int\u00e9resse aux bricolages internes entre f\u00eates pa\u00efennes d\u2019origine celtique et germanique et \u00e0 la leur superposition avec le culte des saints chr\u00e9tiens que l\u2019on retrouve dans des adages, proverbes et coutumes alsaciennes.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 un autre niveau, la cuisine alsacienne est \u00e9tudi\u00e9e dans la revue sous diff\u00e9rents aspects dont la cuisine alsacienne en g\u00e9n\u00e9ral (Marie-No\u00ebl Denis, n\u00b04), les st\u00e9r\u00e9otypes de la cuisine alsacienne (Suzie Guth, n\u00b05), la technologie de la cuisine rurale alsacienne d\u2019autrefois (Julien Nussbaum, n\u00b08), certains de ses aspects (Julien Freund, n\u00b09), les fours \u00e0 pain (Marie-No\u00eble Denis, n\u00b09). De ces articles sur la cuisine alsacienne, dont le point de d\u00e9part est une enqu\u00eate du CRESS (Centre de recherche et d\u2019\u00e9tudes en sciences sociales) de l\u2019Universit\u00e9 de Strasbourg, tout commence par une \u00e9tude des menus de f\u00eate \u00e0 la suite duquel Marie-No\u00eble Denis fait appel aux lectrices et lecteurs de la&nbsp;<em>Revue<\/em>&nbsp;en vue d\u2019une collecte de \u00ab&nbsp;tout document sur la cuisine alsacienne&nbsp;\u00bb (n\u00b04, pp. 31-32). Ensuite, Julien Nussbaum se focalise sur la cuisine d\u2019avant la Premi\u00e8re Guerre mondiale en s\u2019int\u00e9ressant d\u2019une part \u00e0 la production alimentaire en Alsace \u00e0 cette \u00e9poque et d\u2019autre part aux ressources mat\u00e9rielles. Il en ressort une analyse fine et d\u00e9taill\u00e9e en termes de r\u00e9gimes et d\u2019apports nutritionnels moyens. Puis, dans un second article publi\u00e9 dans le n\u00b08 Nussbaum examine les aspects technologiques de la cuisine alsacienne d\u2019autrefois. Dans cette autre partie de son enqu\u00eate il s\u2019int\u00e9resse tout d\u2019abord aux processus d\u2019acquisition, transformation et consommation des biens alimentaires distinguant ainsi les apports carn\u00e9s de ceux v\u00e9g\u00e9taux puis \u00e0 quelques plats typiques, tel que le b\u00e6ckeofe ou la choucroute. Le tout est suivi d\u2019une riche bibliographie qui, \u00e0 toutes fins utiles, peut encore aujourd\u2019hui servir de r\u00e9f\u00e9rence (pp. 300 sq) \u00e0 quiconque souhaiterait poursuivre l\u2019enqu\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ce tour d\u2019horizon, il convient encore d\u2019ajouter quelques articles sur des m\u00e9tiers au sujet desquels un lien avec la cuisine et la commensalit\u00e9 peut \u00eatre \u00e9tabli&nbsp;: les bouilleurs de cru et les brasseurs (Bertrand Hell, n\u00b010), le&nbsp;<em>stammtisch<\/em>&nbsp;(Isabelle Bianquis, n\u00b010), les habitudes de consommation carn\u00e9e dans certaines communes alsaciennes (Colette M\u00e9chin, n\u00b011), etc. Les sujets travaill\u00e9s autour de la cuisine sont pour partie doubl\u00e9s de questionnements et de sp\u00e9cificit\u00e9s li\u00e9es aux cultes reconnus en Alsace. Par exemple, lorsque Colette M\u00e9chin analyse les habitudes de consommation carn\u00e9e \u00e0 Hunhawihr, elle souligne que le choix de cette commune a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli en raison du fait que 70&nbsp;% de la population de la commune y est protestante (M\u00e9chin, 1982, p. 183). Les singularit\u00e9s li\u00e9es au pluriconfessionnalisme alsacien se retrouvent d\u2019ailleurs pour partie dans les quelques articles relatifs \u00e0 l\u2019architecture, notamment rurale alsacienne, qui sont entre autres travaill\u00e9s par Julien Freund (n\u00b03, 1974) et Marie Claude Groshens (n\u00b05, 1976) puis prolong\u00e9s autour d\u2019\u00e9tudes en lien avec l\u2019Institut d\u2019urbanisme de l\u2019Universit\u00e9. On songe ici aux \u00e9tudes sur les cit\u00e9s ouvri\u00e8res rurales ou urbaines conduites par St\u00e9phane Jonas.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pour terminer, il convient de reconnaitre que dencore \u2019autres th\u00e8mes auraient pu servir de fil directeur, tel que l\u2019\u00e9tude des conflits environnementaux, les enqu\u00eates sur la scolarisation, le ch\u00f4mage et le travail et dont la plupart \u00e9taient centr\u00e9s sur l\u2019Alsace. Et qui, parce que non d\u00e9velopp\u00e9s ici sont autant d\u2019invitations \u00e0 une exploration des anciens num\u00e9ros, d\u00e9sormais disponibles sur le portail Pers\u00e9e (<a href=\"https:\/\/www.persee.fr\/collection\/revss\">https:\/\/www.persee.fr\/collection\/revss<\/a>).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Conclusion<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il ressort de ce tour d\u2019horizon que la\u00a0<em>Revue des sciences sociales<\/em>, telle qu\u2019elle s\u2019est d\u00e9ploy\u00e9e durant les dix premi\u00e8res ann\u00e9es de son existence est une revue constitu\u00e9e autour d\u2019un noyau dur, composant une partie importante des contributrices et contributeurs \u00e0 ses d\u00e9buts, c\u2019est-\u00e0-dire avant qu\u2019elle ne s\u2019\u00e9largisse \u00e0 d\u2019autres horizons. Il s\u2019agit aussi d\u2019une revue donnant une large place aux femmes, comparativement aux autres revues de sciences sociales qui lui \u00e9taient contemporaines et qui restaient tr\u00e8s masculines, aussi bien lorsque l\u2019on examine les comit\u00e9s de r\u00e9daction desdites revues que les autrices amen\u00e9es \u00e0 y publier leurs travaux.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons observ\u00e9 que bien que ne faisant pas \u00e9tat d\u2019un projet \u00e9ditorial clair, ni de num\u00e9ros th\u00e9matiques, la revue se distinguait par des fils tir\u00e9s par la r\u00e9daction comme en t\u00e9moigne un des graphiques montrant la fr\u00e9quence de certains th\u00e8mes et en miroir la raret\u00e9 d\u2019autres.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, force est de constater que la&nbsp;<em>Revue des sciences sociales de la France de l\u2019Est<\/em>&nbsp;a durant les dix premi\u00e8res ann\u00e9es de son existence plut\u00f4t \u00e9t\u00e9 une revue alsacienne. Elle s\u2019est inscrite dans un paysage \u00e9ditorial r\u00e9gional au sein duquel les sciences sociales \u00e9taient notoirement absentes jusqu\u2019alors.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Durant cette premi\u00e8re phase d\u2019existence qui \u00e9tait l\u2019objet de cette contribution, la\u00a0<em>Revue<\/em>\u00a0n\u2019a que difficilement franchi la ligne bleue de Vosges. Un tel constat n\u2019est pas un reproche pour autant, tant les recherches sur l\u2019Alsace, ses singularit\u00e9s et les communaut\u00e9s qui l\u2019habitent \u00e9taient manquantes. En ce sens, et c\u2019est une expression qui revint \u00e0 plusieurs reprises dans les diff\u00e9rents num\u00e9ros de la revue, il s\u2019agissait pour l\u2019\u00e9quipe \u00e9ditoriale et de r\u00e9daction de poser avant tout des jalons\u00a0: jalons sur les Juifs d\u2019Alsace et en Alsace, jalons pour l\u2019\u00e9tude des arts et traditions populaires \u00e0 un moment o\u00f9 le progr\u00e8s technique et civilisationnel risquait de faire perdre \u00e0 tout jamais une tradition orale, jalons pour l\u2019\u00e9tudee et l\u2019usage des langues alsacienne, yedisch-da\u00eftsch, y\u00e9niche, etc. (qui \u00e9taient en train de dispara\u00eetre &#8211; et avec elles des pans entiers d\u2019une culture singuli\u00e8re car d\u00e9sormais quasiment int\u00e9gralement supplant\u00e9es par l\u2019usage du fran\u00e7ais). En ce sens, les contributrices et contributeurs de la\u00a0<em>Revue des sciences sociales<\/em>, \u00e0 l\u2019instar des ethnologues qui recueillaient en des contr\u00e9es lointaines des t\u00e9moignages, pratiques et traditions, s\u2019en \u00e9taient all\u00e9s arpenter l\u2019Alsace du Nord au Sud, des rives du Rhin aux vall\u00e9es et ballons des Vosges pour rendre compte, analyser et t\u00e9moigner des nombreuses singularit\u00e9s de ce pays des marges et c\u2019est tout \u00e0 leur honneur.\u00a0\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Bibliographie des r\u00e9f\u00e9rences externes \u00e0 la&nbsp;<em>RSS 1 \u00e0 11<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Bensa A., \u00ab&nbsp;Patrick Williams (1947-2021),&nbsp;<em>En attendant Nadeau<\/em>, n\u00b0121, 2021. En ligne&nbsp;:&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.en-attendant-nadeau.fr\/2021\/02\/04\/hommage-patrick-williams\/\">https:\/\/www.en-attendant-nadeau.fr\/2021\/02\/04\/hommage-patrick-williams\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Boudon R., Cibois P. et Markiewicz-Lagneau J. (1975), \u00ab&nbsp;Enseignement sup\u00e9rieur court et pi\u00e8ges de l&rsquo;action collective&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Revue fran\u00e7aise de sociologie<\/em>, vol. 16, n\u00b02. pp. 159-188.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Bourdieu P., Delsaut Y. (1975), \u00ab&nbsp;Le couturier et sa griffe : contribution \u00e0 une th\u00e9orie de la magie&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Actes de la recherche en sciences sociales<\/em>, vol. 1, n\u00b01, p. 7-36.<\/p>\n\n\n\n<p>Coste F., (2002) \u00ab&nbsp;Bouthoul et la pol\u00e9mologie&nbsp;: l\u2019\u00e9tude des causes profondes de la guerre&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Les Champs de Mars<\/em>, vol. 12, n\u00b0 2, p. 9-30.<\/p>\n\n\n\n<p>Daul L, Algret-Specklin B., Befort P.-A. et Ley M., \u2018<em>s Els\u00e0ssb\u00fcech.&nbsp;<\/em><em>Le livre de l\u2019Alsace<\/em>, \u00c9ditions du Donon, 2010.<\/p>\n\n\n\n<p>Epp R., Lienhard M., Rapha\u00ebl F.,&nbsp;<em>Catholiques, protestants, juifs en Alsace<\/em>, Strasbourg, Alsatia, 1992.<\/p>\n\n\n\n<p>Favret-Saada J.,&nbsp;<em>Les mots, la Mort, les Sorts. La sorcellerie dans le bocage<\/em>, Paris, Gallimard, 1977.<\/p>\n\n\n\n<p>Girard A., (1987), \u00ab&nbsp;In memoriam. Jean Stoetzel, 1910-1984&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Revue fran\u00e7aise de sociologie<\/em>, 1987, vol. 28, n\u00b02, p. 201-211<\/p>\n\n\n\n<p>Loetscher\u00a0Kim P. (1984),\u00a0<em>La Revue d&rsquo;Alsace (1834-1974), une historiographie<\/em>,\u00a0<em>Revue d\u2019Alsace<\/em>,\u00a0vol.\u00a0110,\u00a0p.\u00a05-26.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Feuvre N.,\u00a0Bataille P.,\u00a0Morend L. (2013), \u00ab\u00a0La visibilit\u00e9 du genre dans des revues de sociologie du travail. Comparaisons France et Grande-Bretagne (1987-2012)\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Cahiers du Genre<\/em>, (n\u00b0 54), p. 121-150.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Erny P. (1986), \u00ab\u00a0L\u2019enseignement de l&rsquo;ethnologie \u00e0 Strasbourg\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Bulletin de l\u2019Association fran\u00e7aise des anthropologues<\/em>, n\u00b023-24, p.38-57.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Levi-Strauss Cl., \u00ab&nbsp;La structure et la forme, R\u00e9flexions sur un ouvrage de Vladimir Propp&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Anthropologie structurale deux<\/em>, Paris, Plon, 1973,&nbsp;pp.&nbsp;139-173.<\/p>\n\n\n\n<p>Loetscher M. (2009),&nbsp;<em>Louise Weiss. Une Alsacienne au c\u0153ur de l\u2019Europe<\/em>, Nancy, Stanislas.<\/p>\n\n\n\n<p>Muel-Dreyfus F. (1975), \u00ab&nbsp;L&rsquo;\u00e9cole obligatoire et l&rsquo;invention de l&rsquo;enfance anormale&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Actes de la recherche en sciences sociales<\/em>, vol. 1, n\u00b01, pp. 60-74.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Propp V.,&nbsp;<em>Morphologie du conte<\/em>, Paris, Seuil (col. Points), 1970 [1965].<\/p>\n\n\n\n<p>Williams P.,&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Nous on n\u2019en parle pas&nbsp;\u00bb. Les vivants et les morts chez les Manouches<\/em>, Paris, Editions de la MSH, 1993.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-white-background-color has-text-color has-background has-medium-font-size\"><a href=\"applewebdata:\/\/8CA428D5-83FF-49E6-A031-8E4FD1A81BF3#_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>&nbsp;Pierre Kim,&nbsp;<em>La Revue d&rsquo;Alsace (1834-1974), une historiographie<\/em>,&nbsp;<em>Revue d\u2019Alsace<\/em>,&nbsp;vol.&nbsp;110, 1984,&nbsp;p.&nbsp;5-26.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/8CA428D5-83FF-49E6-A031-8E4FD1A81BF3#_ftnref2\"><sup>[2]<\/sup><\/a>&nbsp;L\u00e9on Daul, Bernadette Algret-Specklin, Paul-Andr\u00e9 Befort et Marion Ley, \u2018<em>s Els\u00e0ssb\u00fcech. Le livre de l\u2019Alsace<\/em>, \u00c9ditions du Donon, 2010.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/8CA428D5-83FF-49E6-A031-8E4FD1A81BF3#_ftnref3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>\u00a0Erny Pierre, \u00ab\u00a0L\u2019enseignement de l&rsquo;ethnologie \u00e0 Strasbourg\u00a0\u00bb (1986).\u00a0<em>Bulletin de l\u2019Association fran\u00e7aise des anthropologues<\/em>, n\u00b023-24, 1986. Les enseignements, sous la direction de Charles-Henry Pradelles de Latour et Josiane Massard. pp. 38-57. DOI :\u00a0<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3406\/jda.1986.2148%20\/\">https:\/\/doi.org\/10.3406\/jda.1986.2148 \/<\/a><a href=\"https:\/\/www.persee.fr\/doc\/jda_0249-7476_1986_num_23_1_2148\">www.persee.fr\/doc\/jda_0249-7476_1986_num_23_1_2148<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/8CA428D5-83FF-49E6-A031-8E4FD1A81BF3#_ftnref5\"><sup>[5]<\/sup><\/a>&nbsp;Muel-Dreyfus Francine, \u00ab&nbsp;L\u2019\u00e9cole obligatoire et l\u2019invention de l&rsquo;enfance anormale&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Actes de la recherche en sciences sociales<\/em>, Vol. 1, n\u00b01, janvier 1975, pp. 60-74.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/8CA428D5-83FF-49E6-A031-8E4FD1A81BF3#_ftnref6\"><sup>[6]<\/sup><\/a>&nbsp;Dans ce m\u00eame num\u00e9ro, Yvette Delsaut appara\u00eet comme second auteur aux c\u00f4t\u00e9s de Pierre Bourdieu dans&nbsp;:&nbsp;Pierre Bourdieu, Yvette Delsaut, \u00ab&nbsp;Le couturier et sa griffe : contribution \u00e0 une th\u00e9orie de la magie&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Actes de la recherche en sciences sociales<\/em><em>,<\/em>&nbsp;Vol. 1, n\u00b01, janvier 1975, pp. 7-36.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/8CA428D5-83FF-49E6-A031-8E4FD1A81BF3#_ftnref7\"><sup>[7]<\/sup><\/a>&nbsp;Monique de Saint Martin est seconde auteur de&nbsp;: Claude Grignon, Monique De Saint Martin, \u00ab&nbsp;De la propagation de la foi dans les r\u00e9formes&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Actes de la recherche en sciences sociales<\/em>, Vol. 1, n\u00b02, mars 1975 et de&nbsp;Bourdieu Pierre, de Saint Martin Monique, \u00ab&nbsp;Les cat\u00e9gories de l&rsquo;entendement professoral&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Actes de la recherche en sciences sociales<\/em>, Vol. 1, n\u00b03, mai 1975, pp. 68-93.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/8CA428D5-83FF-49E6-A031-8E4FD1A81BF3#_ftnref8\"><sup>[8]<\/sup><\/a>&nbsp;Except\u00e9e Janina Lagneau comme troisi\u00e8me auteur de l\u2019article&nbsp;:&nbsp;Boudon Raymond, Cibois Philippe, Markiewicz-Lagneau Janina, \u00ab&nbsp;Enseignement sup\u00e9rieur court et pi\u00e8ges de l&rsquo;action collective&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Revue fran\u00e7aise de sociologie<\/em>, 1975, Vol. 16, n\u00b02, pp. 159-188.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/8CA428D5-83FF-49E6-A031-8E4FD1A81BF3#_ftnref9\"><sup>[9]<\/sup><\/a>&nbsp;La solution finalement adopt\u00e9e \u00e9tant la cr\u00e9ation, en 1970 de vingt-deux r\u00e9gions m\u00e9tropolitaines, puis en 1972 de conseils r\u00e9gionaux qui sont, \u00e0 ce stade, des coquilles \u00e0 demi vides.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/8CA428D5-83FF-49E6-A031-8E4FD1A81BF3#_ftnref10\"><sup>[10]<\/sup><\/a>&nbsp;Fr\u00e9d\u00e9ric&nbsp;Coste, \u00ab&nbsp;Bouthoul et la pol\u00e9mologie&nbsp;: l\u2019\u00e9tude des causes profondes de la guerre&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Les Champs de Mars<\/em>, vol. 12, n\u00b0 2, 2002, pp. 9-30&nbsp;;&nbsp;Michel Loetscher,&nbsp;<em>Louise Weiss. Une Alsacienne au c\u0153ur de l\u2019Europe<\/em>, Nancy, Stanislas, 2009.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/8CA428D5-83FF-49E6-A031-8E4FD1A81BF3#_ftnref11\"><sup>[11]<\/sup><\/a>&nbsp;Julien Freund, \u00ab&nbsp;L\u2019Institut de pol\u00e9mologie de Strasbourg&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>RSS<\/em>, n\u00b04, 1975, p. 333-338.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La&nbsp;Revue des sciences sociales&nbsp;(RSS) a connu de grandes transformations au cours de son existence, notamment en se d\u00e9centrant continuellement de son point de gravit\u00e9 originel, l\u2019Alsace (cf. l\u2019article de Maurice Blanc sur les \u00ab&nbsp;trois p\u00e9riodes&nbsp;\u00bb de la revue dans ce num\u00e9ro). Bien qu\u2019officiellement d\u00e9nomm\u00e9e au d\u00e9part&nbsp;Revue des sciences sociales de\u2026<\/p>\n<p class=\"continue-reading-button\"> <a class=\"continue-reading-link\" href=\"https:\/\/regis-schlagdenhauffen.eu\/?p=1106\">Lire la suite&#8230;<i class=\"crycon-right-dir\"><\/i><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1107,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/regis-schlagdenhauffen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1106"}],"collection":[{"href":"https:\/\/regis-schlagdenhauffen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/regis-schlagdenhauffen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/regis-schlagdenhauffen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/regis-schlagdenhauffen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1106"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/regis-schlagdenhauffen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1106\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1108,"href":"https:\/\/regis-schlagdenhauffen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1106\/revisions\/1108"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/regis-schlagdenhauffen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1107"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/regis-schlagdenhauffen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1106"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/regis-schlagdenhauffen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1106"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/regis-schlagdenhauffen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1106"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}