Au commencement était l’Alsace – Les débuts de la Revue des sciences sociales

La Revue des sciences sociales (RSS) a connu de grandes transformations au cours de son existence, notamment en se décentrant continuellement de son point de gravité originel, l’Alsace (cf. l’article de Maurice Blanc sur les « trois périodes » de la revue dans ce numéro). Bien qu’officiellement dénommée au départ Revue des sciences sociales de la France de l’Est, les articles et contributions concernant les départements situés au-delà de la ligne bleue des Vosges restent rares durant les dix premières années de son existence. Tout semble à laisser croire que l’une des volontés de la Revue à ses débuts consistait en une investigation de l’Alsace et de ses singularités au moyen des outils offerts par les sciences sociales. 

En considérant les choses de la sorte, la revue vient compléter la panoplie existante de revues alsaciennes éditées par des sociétés scientifiques telle que la Revue d’Alsace fondée en 1834 (et qui est, semble-t-il, le plus ancien périodique français d’histoire régionale) (Kim, 1984)[1]) ou les Saisons d’Alsace, fondée en 1948 dans le but de « peindre l’image de l’Alsace vivante et créatrice[2] » (Daul et al., 2010) ou encore La vie en Alsace (1923-1980). 

Dès le départ la Revue des sciences sociales se veut pluridisciplinaire. Le numéro 1 distingue ainsi les contributions relevant de la sociologie, de celles relevant de la démographie et de l’ethnologie qui sont donc les trois grandes disciplines enseignées à la faculté des sciences sociales de Strasbourg alors dirigée par Julien Freund. 

Dans la suite de cette contribution, la question des disciplines sera cependant marginale puisque je vais tout d’abord m’intéresser aux contributeurs et contributrices des premiers numéros de la revue, c’est-à-dire de 1972 à 1982 puis, tenter, dans un second temps de dégager une ligne éditoriale avant d’aborder, par la suite, quelques aspects saillants de la première période d’existence de la revue. Comme nous le verrons, la revue semble remplir trois fonctions : promouvoir et rendre visible les résultats d’enquêtes de sciences sociales produites localement, accorder une place à celles produites par des femmes – à une époque où les hommes dominaient les sciences sociales – et enfin, poser des jalons de recherches à venir. 

I – Contributrices et contributeurs. 

1-1 Les comités

Avant d’aborder les aspects relatifs aux contributrices et contributeurs, il convient de souligner que le comité de rédaction de la revue témoigne d’une grande stabilité dès ses débuts. Dirigée par Julien Freund, celui-ci est entouré jusqu’en 1979 de Marie-Noële Denis et Freddy Raphaël en tant que secrétaires de rédactions. À leurs côtés, Jacques Demange et Georges Schaaf. À partir du n°3 (1974) le secrétariat est assuré par Francine Kuczowski ce qui témoigne de l’implantation de la revue dans le paysage local. Puis, en 1980, la direction de la revue est confiée à Freddy Raphaël. L’année suivante, le comité de rédaction se voit remanié : Marie-Noële Denis reste certes secrétaire de rédaction mais que le comité est profondément modifié : Stéphane Jonas, Robert Froechlicher et Pierre Vogler l’intègrent, tandis que Marie-Louise Rollet reprend le secrétariat assuré jusqu’alors par F. Kuczowski. Enfin, en 1984 (n°13), le secrétariat de rédaction tout comme le comité de rédaction sont à nouveau élargis, prélude à l’actuel format de la revue selon lequel chaque livraison est thématique. À cette occasion, Anny Bloch-Raymond intègre le secrétariat de rédaction tandis que Claude Regnier et Christian de Montlibert rejoignent le comité de rédaction aux côtés de Stéphane Jonas, Robert Froehlicher et Pierre Vogler. 

Au niveau du comité de rédaction, on constate donc une certaine stabilité, mais aussi quelques moments de rupture, comme en 1984 où seuls deux « membres fondateurs » subsistent encore au sein de l’équipe. De plus, durant les premières années le comité reste très masculin. Il ne se féminise que doucement à partir des années 1980. Enfin, il semble que ce soit l’équipe éditoriale qui donne l’impulsion ou le style original de la revue en matière de choix éditoriaux. En ce sens, les rubriques de la revue tout comme les contributrices et contributeurs publiés semblent intrinsèquement liés. 

1-2 Premières autrices, premiers auteurs

S’agissant des autrices et auteurs, une première observation, concernant les numéros 1 à 11 nous permet de distinguer trois catégories : celles et ceux que l’on peut qualifier d’incontournables et que l’on retrouve tout le temps, puis les réguliers et enfin celles et ceux qui ne contribuent que sporadiquement voire qu’une seule fois à la revue, tout du moins jusqu’au numéro onze. 

S’agissant des premiers auteurs incontournables – et en distinguant les premiers des deuxièmes auteurs (lorsqu’il y a co-publication), on constate que Marie-Noële Denis tient le haut du pavé avec douze contributions en tant que première autrice, soit un article dans chaque numéro. Elle est talonnée de près par Freddy Raphaël qui cependant, apparaît aussi, comme nous le verrons par après, de manière récurrente en tant que second auteur. S’ensuit, en troisième position, Pierre Vogler (qui n’est autre que le successeur de Viviana Pâques à l’Institut d’ethnologie[3]). M.-N. Denis, F. Raphaël et P. Vogler « représentent » les trois instituts que comporte la faculté de sciences sociales de Strasbourg et les trois catégories principales de la revue à ses débuts : la sociologie, la démographie et l’ethnologie (cf. M. Blanc et F. Raphaël, « Strasbourg, Carrefour des sociologies », RSS, n°40, 2008). 

Un second groupe est constitué des contributrices et contributeurs réguliers. Parmi ceux-ci nous pouvons distinguer deux groupes sur la période considérée : celles et ceux qui contribuent intensément dans quelques livraisons, telle justement Viviana Pâques qui contribua à chaque livraison du n°1 à 5 ou Colette Méchin qui livre un premier article en 1978, puis publie sans discontinuer à partir de 1980. D’autres, tels Christian de Montlibert, sont plus « irréguliers » : un article en 1976, puis un en 1980, puis deux en 1982 en tant que premier auteur. De même s’agissant de l’ethnologue Pierre Erny. 

Enfin, un dernier groupe, de loin le plus nombreux, est constitué des contributrices et contributeurs sporadiques voire unique (parmi les 134 articles analysés ici). On dénombre ainsi 27 contributeurs ou contributrices uniques, dix qui contribuent à deux reprises, et trois à trois reprises en tant que premier auteur : Jacques Demange, Bernard Woehl ainsi que Claude Regnier. Ce dernier succède d’ailleurs en 1974 et dans un premier temps à Julien Freund à la tête de l’UER des sciences sociales (1974-1976) avant d’être élu (en 1988) président de l’université des Sciences humaines de Strasbourg (Strasbourg II) qu’il dirigea jusqu’en 1993. 

1-3 Les seconds auteurs

Parmi les 134 articles constituant le corpus des publications de la revue jusqu’en 1982, 25 sont co-signés (soit 19 %). Ils nous permettent de nous intéresser aux seconds auteurs. Parmi ceux-ci, seul Freddy Raphaël sort du lot avec six publications (entre 1976 et 1982) dans lesquelles il apparait en tant que second auteur. La question des premier et second auteur ne semble pas relever d’une simple convention liée à l’ordre alphabétique. Par exemple, dans le n°10, l’article « Contes et mémoire collective chez les Juifs maghrébins en Alsace » a pour première autrice Muriel Klein Zolty et second auteur Freddy Raphaël tandis que dans le n°11, l’article « Jalons pour l’étude de l’humour judéoalsacien » a pour premier auteur Freddy Raphaël et seconde autrice Muriel Klein Zolty. De même, s’agissant d’un article cosigné Bernard Woehl (premier auteur) et André Kocher (deuxième auteur) : « La Canardière… vingt ans après », n°5).

Concernant plus précisément Freddy Raphaël, on peut distinguer deux situations le concernant. Tout d’abord, celles où le premier auteur est une femme. Il cosigne ainsi deux articles s’inscrivant dans le cadre d’une même enquête avec Geneviève Herberich : « Les ex-voto de Notre-Dame de Thierenbach (18° au 20° siècle) », n°9) et « Messages et prières des pèlerins de Thierenbach », n°11) ainsi que deux articles avec Muriel Klein-Zolty (cf. supra). Dans les autres cas, F. Raphaël apparaît comme deuxième auteur aux côtés d’hommes, dont notamment d’André Boncourt (« Le Feu du Samedi Saint en Alsace », n°7), de Juan Matas (« Dissidence dans la dissidence … Remise en cause et confirmation de la tradition mennonite », n°10). On constate donc que Freddy Raphaël, en plus d’être l’un des premiers auteurs dont les travaux sont très présents dans la revue est aussi le second auteur le plus assidu, ce qui nous indique encore que les recherches qu’il conduit l’amènent à privilégier le collectif.  

Parmi les seconds auteurs, Geneviève Herberich se distingue ensuite avec deux articles cosignés aux côtés de Francis Girardin. Il s’agit là encore d’articles portant sur une même enquête relative aux « ex-voto peints et le pèlerinage à St. Florent d’Oberhaslach (n°7 et 8). De même Vincent Pirard, publie à deux reprises en tant que second auteur aux côtés de Jacqueline Igersheim : « Situations familiales et niveaux d’activité des femmes » (n°3, 1974) et « Attitude des femmes face à la pilule » (n°4, 1975). Puis, tous les autres seconds auteurs parmi les 18 comptabilisés n’apparaissent qu’une seule fois dans le corpus. À cet égard, on constate qu’il s’agit de 15 hommes et 3 femmes. Sachant cela, on peut se demander quelle est la place des femmes dans la revue, notamment parmi les premiers auteurs et autrices ?

1-4 Femmes et hommes publiant dans la RSS

Le secrétariat de rédaction est conjointement assuré par un homme et une femme dès les débuts de la revue. Le reste du comité reste cependant très masculin comme nous l’avons vu. S’agissant des contributrices et contributeurs, nous observons toutefois une plus grande parité. Sur toute la période 1972-1982, les femmes représentent environ 45% des premiers auteurs même si des divergences sont observables selon les numéros. À l’exception du numéro 9, qui comporte une parité de genre en termes de premier auteur, tous les autres numéros comportent un peu plus d’auteurs hommes que femmes. Toutefois, tendanciellement le pourcentage de femmes premier auteur évolue puisque de 40% dans le numéro 1, leur proportion tend progressivement vers la parité. Ce fait, assez rare, mérite d’être souligné puisque de nombreuses études ont tendance à montrer, qui plus est pour les années qui nous concernent, la décennie 70 du siècle passé, que la publication scientifique était majoritairement l’apanage des hommes (et le reste encore de nos jours pour partie d’ailleurs[4]). En ce sens, la Revue des sciences sociales semble se distinguer en ce qu’elle laisse une plus grande place à la parole des femmes que d’autres revues scientifiques qui lui sont contemporaines. Pour s’en convaincre, porter un regard sur les auteurs et autrices des Actes de la recherche en sciences sociales suffit : parmi les 6 numéros qui composent le volume 1 (1975) de la revue, seule Francine Muel[5] apparait comme premier auteur dans le n°1[6] ; dans les n°2 et 3, aucune femme premier auteur[7] ; dans le n°4 deux femmes, Yvette Delsaut et Janine Verdes-Leroux, contre six hommes. Les n°5 et 6 sont quant à deux intégralement masculins aussi bien en termes de premier que de second auteur. D’ailleurs, un même constat s’applique aussi à la Revue française de sociologie fondée en 1960 par Jean Stoetzel (Girard, 1987) : les femmes y sont très minoritaires. À titre d’exemple, dans les quatre numéros qui constituent le volume 15 de la RFS (1975), on compte deux femmes versus deux hommes dans le numéro 1, aucune dans le numéro 1bis, aucune dans le numéro 2[8], aucune dans les numéros 3 et 4. En ce sens, la Revue des sciences sociales peut paraître avant-gardiste en ce qui concerne la place des femmes dans le paysage scientifique des revues de sciences sociales françaises au moment de sa fondation, sujet qui resterait à investiguer de manière plus systématisée au travers d’une enquête nécessairement comparative.  

II – La ligne éditoriale de la revue

À l’exception du n°1, les autres premiers numéros de la revue sont exempts de tout avant-propos ou introduction. S’agissant du seul avant-propos à notre disposition, il a le mérite malgré sa brièveté de clarifier le propos : 

« La Revue des Sciences Sociales de la France de l’Est se propose de présenter chaque année un aperçu des travaux [menés au sein de l’Unité d’Enseignement et de Recherches des Sciences Sociales de l’Université des Sciences Humaines de Strasbourg (qui) a entrepris une série de recherches et d’enquêtes concernant les problèmes sociologiques, ethnologiques et démographiques spécifiquement alsaciens], et d’y associer ceux d’enseignants et de chercheurs des universités de la France de l’Est ayant des préoccupations analogues. » (La rédaction, « Avant-Propos », Revue des sciences sociales de la France de l’Est, n°1, p. 3). 

L’objectif que la revue s’est assigné semble clair : enquêter sur des problèmes typiquement alsaciens, en faisant appel aux sciences sociales et restituer les résultats de ces enquêtes dans une revue ad hoc. La justification première de la revue apparaît de manière plus claire dans le premier article du premier numéro, qui fait donc immédiatement suite à l’avant-propos, intitulé « Propos sur la régionalisation. La tradition alsacienne » signé de la plume de Julien Freund. Cet article s’inscrit dans un contexte politique et social particulier qui fait suite d’une part à l’échec du référendum sur la réforme du Sénat et la régionalisation (1969) qui aurait donné plus d’autonomie aux régions et qui était considérée comme une vaine tentative d’apaisement post-68. Mais il acte surtout le désaveu du Général de Gaulle. Alors que la France vote à 52 % contre, le oui est pourtant majoritaire en Alsace, tout comme en Bretagne, en Corse et au Pays Basque[9]. Cependant, et tel est l’argument avancé par Julien Freund, « de toutes les provinces françaises l’Alsace est la seule qui possède une tradition régionaliste ». La suite de l’article est dédiée à une histoire de cette tradition, à sa compréhension et montre qu’elle se superpose pour partie avec des luttes politiques et sociales dont celles des mouvements et partis autonomistes alsaciens (de gauche comme de droite). À cela s’ajoute un autre argument : la mise en avant de « spécificités alsaciennes » au sujet desquelles Freund rappelle que : « nous pouvons dire qu’en plusieurs domaines, ce qui existe chez nous peut servir d’exemple à l’ensemble de la France — c’est le cas de la législation sociale, du livre foncier, de la poste et du chemin de fer » (art. cit., p. 8). De là découle le constat suivant : « Le paradoxe de la situation alsacienne entre les deux guerres et qui subsiste encore aujourd’hui consiste en ce qu’elle vit sous un régime particulier sans reconnaissance du fait régional » (art. cit., p. 9). Par conséquent, l’ambition première de la revue semble être justement la mise en avant et la compréhension de la singularité de la situation alsacienne appréhendée à travers la focale des sciences sociales. L’équilibre recherché, mais pas toujours atteint, semble être celui des disciplines constitutives des sciences sociales tout comme un souci de comprendre l’Alsace à travers ses traditions (arts et traditions populaires, architecture et ethnologie) et les groupes sociaux, religieux et ethniques qui la composent : patronat, ouvriers et paysans ; juifs catholiques et protestants ; mennonites, tsiganes, yéniches, etc ; ainsi que sous d’autres aspects encore tels que le théâtre, les langues parlées en Alsace, ou encore sa place singulière en Europe. Tous ces éléments vont être abordés dans un instant dans les sous-parties qui suivent. 

2-1 Un ancrage disciplinaire fort

Jusqu’à la réorganisation de la revue en 1984, les articles de chaque livraison sont classés par discipline. D’une manière générale, et sur les 151 articles qui ont permis l’établissement de statistiques, on constate que la Revue des sciences sociales est avant tout une revue de sociologie, les articles relevant de cette discipline représentant 49 % du total. S’ensuivent l’ethnologie (22 %) au sujet de laquelle on peut distinguer une ethnologie locale d’une ethnologie lointaine, puis la démographie (14 %). Au total, 85 % des articles relèvent de ces trois disciplines. Les autres relevant de l’urbanisme, de la linguistique et de la polémologie. Cette dernière catégorie n’apparait que dans une seule livraison de la revue, en 1975 et nous indique une tentative, peu fructueuse au niveau de la revue, d’instituer la polémologie en tant que discipline autonome et dont on doit la promotion en France à Gaston Bouthoul, Louise Weiss[10] et Julien Freund, [cf. article de Pascal Hintermeyer dans ce même numéro][11].  

Bien que n’apparaissant qu’une seule fois en tant que discipline, la polémologie (ou étude des conflits) semble pourtant être un fil directeur implicite de la revue puisque, numéro après numéro, elle met en avant des conflits, entre classes sociales, de mémoires, de cultures, entre groupes religieux, linguistiques, entre l’Alsace et les pouvoirs centraux, etc. comme nous allons le voir dans la partie qui suit. 

2-2 Thèmes marginaux et thèmes récurrents 

Parmi 135 articles publiés entre 1972 et 1982, nous pouvons constater que certains thèmes sont travaillés, déclinés, affinés numéro après numéro, tandis que d’autres restent marginaux ou ne sont présentés qu’une seule fois. Réaliser un découpage thématique des articles n’est pas chose aisée et les résultats proposés ici pourraient donner lieu à discussion, réinterprétation selon les choix opérés pour réaliser l’analyse statistique présentée ci-après. Prenons à titre d’exemple la catégorie « genre » qui agrège les quatre articles suivants relevant des rapports sociaux de sexe entre hommes et femmes : 1° « Situations familiales et niveaux d’activité des femmes » (Jacqueline Igersheim et Vincent Pirard, n°3, 1974), 2° « Attitude des femmes face à la pilule » (Jacqueline Igersheim et Vincent Pirard, n°4, 1975), 3° « Rupture du lien conjugal et appropriation du logement chez les veuves et divorcées à la Canardière (Strasbourg) » (André Kocher, n°7, 1978) et 4° « Vigne-Femme, Vin-Homme » (Jocelyne Bonnet, n° 8, 1979). Ces quatre articles ne relèvent pas des mêmes disciplines et ne font pas appel aux mêmes méthodologies. Ils ont cependant pour point commun de s’intéresser spécifiquement à des problématiques touchant les femmes (la pilule contraceptive) ou de proposer une analyse plaçant en son cœur les rôles différenciés attribués aux femmes et aux hommes. En revanche l’article « Le mariage traditionnel en Alsace (exemple d’un village du comté de Hanau-Lichtenberg de 1737 à 1837) » a été catégorisé comme relevant de la démographie (historique de l’Alsace) car une perspective de genre n’y est pas privilégiée. 

Les analyses statistiques suivantes sont donc à considérer avant tout comme des tendances, des inflexions et non comme des certitudes dotées d’absolu. Qui plus est, comme nous allons le voir, les thèmes récurrents sont aussi ceux travaillés par des auteurs fidèles, comptant parmi les happy-few disposant de leurs entrées dans la revue, notamment en raison de leur position privilégiée dans le champ des sciences-sociales alsaciennes. 

Ainsi, le thème le plus souvent présent dans la revue à ses débuts relève du registre des arts et traditions populaires. Il comprend 23 articles présentés selon leur ordre de parution dans le tableau ci-dessous : on y relève une grande diversité de sujets tel que la sorcellerie, la cuisine alsacienne, la tradition du « Stammtisch », les fêtes populaires tel que le Carnaval ou les contes populaires. 

AnnéeNom 1Nom 2Titre article
31974Julien FREUNDAphorismes sur l’architecture rurale 
41975Viviana PAQUESCarnaval, fête du mariage et de la mort 
41975Pierre VOGLERLa paille et le sapin 
41975Marie-Noële DENISLa cuisine alsacienne 
41975Eve CERFLes contes merveilleux du théâtre alsacien de Strasbourg 
51976Suzie GUTHLe stéréotype de la cuisine alsacienne
71978André BONCOURT& Freddy RAPHAELLe Feu du Samedi Saint en Alsace
71978Eve CERFCarnavals en Alsace : Tradition, Évolution, Manipulation
71978Colette MECHINSaint Gangolf et les sifflets du printemps
81979Pierre ERNYLa sorcellerie et nous
81979Pierre ERNYPanorama des recherches sur les contes populaires
81979Brigitte DODULa campagne de distillation en Alsace
81979Julien NUSSBAUMAspects technologiques de la cuisine rurale alsacienne d’autrefois 
81979Freddy SARGUn bouilleur de cru d’Alsace Bossue
91980Marie-Noële DENISLes Fours à pain en Alsace
91980Bertrand HELLPour une approche ethnologique de la bière en Alsace : Les Saints gardiens de pourceaux (I)
91980Julien FREUNDQuelques aspects de la cuisine alsacienne
91980Freddy SARGComment on élève et on tue le cochon en Alsace Bossue
91980Colette MECHINSaint Juvin d’Ardenne
101981Bertrand HELLLe cycle de l’orge/bière : Les Saints gardiens de pourceaux (II)
101981Isabelle BIANQUISLe « Stammtisch » en Alsace
101981Colette MECHINLe porcher dans la tradition rurale
111982Pierre VOGLERLes dictons calendaires revisités.

En posant sur ces articles un regard contemporain, ils nous apparaissent comme des témoignages de métiers ou de traditions pour partie disparus et nous permettent de constater les grands bouleversements sociaux que nous avons connus durant ces cinquante dernières années. Ils nous nous permettent aussi tout à la fois de comprendre certaines singularités alsaciennes mais aussi d’en saisir des points communs avec d’autres traditions locales ou régionales. 

Un second thème particulièrement travaillé dans la revue est celui des études juives, plus particulièrement du judaïsme alsacien, grâce à l’opiniâtreté de Freddy Raphaël qui s’est toujours engagé en faveur de la visibilité des Juifs au sein de la mémoire collective alsacienne et dont une des singularités résidait dans leur omniprésence dans le paysage rural alsacien d’avant la Shoah. 

AnnéeNom 1Nom 2Titre article
11972Freddy RAPHAELReprésentation des Juifs dans l’art médiéval en Alsace 
21973Renée NEHER-BERNHEIMUn pittoresque témoignage des manifestations populaires d’antisémitisme en Alsace 
21973Freddy RAPHAELCompte-rendu : Histoire des Juifs de France 
21973Freddy RAPHAELPrésence du Juif dans la statuaire romane en Alsace
31974Freddy RAPHAELJuifs et sorcières dans l’Alsace médiévale 
41975F. RAPHAELR. WEYLJalons pour une histoire des Juifs en Alsace 
51976Freddy RAPHAELPrésence du Juif dans l’œuvre d’Erckmann-Chatrian
81979Freddy RAPHAELNostalgie de la fête chez les Juifs du M’Zab (Sud Algérien) réfugiés en Alsace
81979Eve CERFIdentité et Culture Populaire, Le Dibbouk à Strasbourg
91980Freddy RAPHAELLes Juifs de la campagne alsacienne : les marchands de bestiaux
101981Muriel KLEIN-ZOLTYFreddy RAPHAELContes et mémoire collective chez les Juifs maghrébins en Alsace
111982Freddy RAPHAELMuriel KLEIN-ZOLTYJalons pour l’étude de l’humour judéo alsacien.

La contribution de la revue aux études juives est en ce sens remarquable : elle retrace la présence juive en Alsace depuis le Moyen-Âge, cherche à comprendre et analyser les racines de l’antisémitisme, documente l’arrivée des Juifs d’Algérie et leur installation en Alsace et permet de mieux comprendre le rôle singulier joué par les Juifs au sein d’une Alsace traversée par de nombreux clivages et tensions dont les Juifs ont tantôt été les révélateurs, tantôt les boucs-émissaires. 

D’autres thèmes, sont en revanche moins travaillés ainsi que le montre la Figure [ci-dessus], notamment par exemple les Mennonites ou l’Europe. Enfin, parmi les dix premiers numéros de la revue, d’autres sont plus rares encore, tels ceux ayant trait à l’environnement, la mort, la mémoire collective ou le théâtre. Ils mériteraient à n’en point douter une analyse plus approfondie qui dépasse l’ambition de cette contribution.  

III – Aspects saillants et novateurs

De nombreux aspects pourraient être mis en lumière concernant les dix premières livraisons de la Revue des sciences sociales. L’un d’eux concerne l’ethnologie de l’Alsace, non dans le culte des racines mais plutôt selon une vision fondée sur une volonté de mettre en lumière ses aspects les plus marginaux, minoritaires comme ceux ayant traits aux cultures tsiganes, yéniches et mennonites. Un second axe relève des cultures et traditions populaires, du folklore, notamment au travers de superstitions, de sorcellerie et de surnaturel. Enfin un troisième axe relève de la culture alsacienne appréhendée sous ces aspects démographiques d’une part, mais aussi culinaires ou encore linguistiques. 

L’étude des minorités culturelles et religieuses établies en Alsace s’inscrit au croisement de la sociologie des religions, du fait religieux et de celle de la culture. Les travaux de Freddy Raphaël en particulier mais aussi d’autres auteurs avec lesquels il a collaboré ont posé les fondements de l’étude des Juifs d’Alsace d’une part mais aussi des grands bouleversements qu’a connu la communauté juive en raison de la Shoah puis suite à la décolonisation de l’Algérie qui a vu l’installation en Alsace de Juifs séfarades. Si l’on cherche à établir un fil directeur concernant le déploiement des études sur les Juifs d’Alsace, on constate que les premiers travaux (n°1 de la revue) portent sur les représentations des Juifs dans l’art médiéval en Alsace dont à travers deux motifs que sont la « truie aux juifs » et le « diable aux juifs ». Suite à cela (n°2), Freddy Raphaël a étendu la question de la représentation des Juifs dans la statuaire chrétienne en la cathédrale de Strasbourg et en l’église Saint-Léger de Guebwiller. Il montre, en s’appuyant sur divers travaux que, jusqu’au XIIIe siècle, rien ne distinguait les Juifs des Gentils dans leur aspect extérieur. Dans le n°4 de la revue on observe qu’un programme de travail est établi. Il est intitulé « jalons pour une histoire des Juifs en Alsace » et sera suivi de quatre contributions co-écrites à plusieurs mains. L’un des axes du programme est ensuite étiré dans les numéros suivants. Il concerne les « stéréotypes du juif dans un village d’Alsace » et souligne deux singularités du judaïsme alsacien : sa dominante rurale que l’on ne retrouve nulle part ailleurs en France, ainsi que la « fonction sociale » du colporteur juif en Alsace dont le souvenir reste entretenu par le mythe du Juif errant. Enfin, à partir du n°11, nous retrouvons un autre volet de recherche ouvert par Freddy Raphaël et comportant deux facettes, l’un sur le judéo-alsacien et l’autre sur l’humour. 

S’agissant des Tsiganes, dont la présence est attestée en Alsace depuis des siècles, les contributions les concernant sont plus rares mais néanmoins significatives. Dès le n°1 M.-P. Dollé, livre un article novateur et fort bien construit sur la notion de pureté chez les manouches d’Alsace, suivi d’un autre sur la mort en milieu tsigane (n°2). Ils préfigurent en un sens l’étude magistrale de Patrick Williams (1993) sur les vivants et les morts en milieu manouche (Bensa, 2021). Enfin, Aparna Rao offre dans le n°5 une plongée et une analyse de l’univers des tsiganes manouches du quartier du Polygone de Strasbourg. Il livre pour l’époque, une des premières études approfondies de romani studies. 

Un autre aspect concerne les mennonites (ou anabaptistes) qui font leur apparition à partir du n°8 dans un article intitulé « Identité et mutations Mennonites dans l’Alsace d’aujourd’hui » et cosigné de Juan Matas, Freddy Raphaël, Michel et Louis Durrive. L’article dont il est question est le fruit d’une enquête de terrain menée à Strasbourg et dans trois Assemblées mennonites d’Alsace et dont on peut retenir à ce stade que « Minorité longtemps persécutée. La communauté anabaptiste-mennonite garde pour caractéristique essentielle une solidarité qui ne semble pas sérieusement entamée par les mutations en cours » (n°8, p. 54). Deux autres articles complètent ce premier volet, l’un sur les mennonites dissidents (Juan Matas et Freddy Raphaël, n°10), l’autre sur des aspects historiques des mennonites d’Alsace aux XVIIIe et XIXe siècle (Marie-Noële Denis, n°11). Dans cette publication portant sur une « population peu nombreuse et sans expansion » (p. 129), M.-N. Denis montre que, contrairement aux idées reçues, les mennonites témoignent d’une intégration effective, notamment au moyen de l’embauchage de main d’œuvre, même si, parallèlement toute étude démographique reste délicate dans la mesure où, tout du moins pour la période concernée, les Anabaptistes sont restées en marge de l’état civil (cf. aussi Epp, et al., 1992). 

Un deuxième axe développé dans les premières livraisons de la revue relève de l’étude des arts et traditions populaires notamment à travers la sorcellerie et le surnaturel faisant suite à la publication de Jeanne Favret-Saada Des mots, la Mort, les Sorts (1977) mais déjà amorcé par Freddy Raphaël dans un article intitulé « Juifs et sorcières dans l’Alsace médiévale » (n°3). Ce qui distingue peut-être ce deuxième axe du premier réside dans l’ouverture vers d’autres horizons de la revue quant à ces thématiques : aussi bien Viviana Pâques que Pierre Erny offrent des comparaisons avec des terrains qui leurs sont familiers, en Afrique notamment. S’agissant d’autres aspects, ils font plutôt référence à des syncrétismes qui ont perduré en Alsace à travers des fêtes dont le carnaval. Aux côtés de ces articles, nous pouvons enfin mentionner des travaux portant plus particulièrement sur les contes et légendes, tels que ceux analysés par Marie-Claude Groshens pour lesquels elle mobilise Max Weber, Maurice Halbwachs et Roger Bastide et qui ne sont pas sans rappeler d’autres travaux – de nature structuraliste – portant par exemple sur la Morphologie des contes (Levi-Strauss, 1973 ; Propp, 1970), mais appliqués ici à l’Alsace. 

Enfin, un troisième aspect que je souhaite explorer ici relève des apports de la revue concernant la langue, la cuisine et plus généralement la culture alsaciennes. 

S’agissant de la langue, un tout premier article de l’ethnolinguiste Pierre Vogler apparaît dès le n°1 dans la rubrique ethnologie : « esquisse phonologique du parler mulhousien ». L’auteur s’intéresse alors aux spécificités de l’alsacien parlé à Mulhouse ville. Un an plus tard, une rubrique « ethnolinguistique » apparaît en tant que tel à la suite de la rubrique ethnologie. Elle ne comprend cependant qu’un seul article, toujours de Pierre Vogler. Dans le n°4, enfin, dans une rubrique désormais intitulée « ethnologie – ethnolinguistique », Vogler publie à la suite de Viviana Pâques, un article intitulé « La paille et le sapin » dans lequel il examine les fêtes calendaires alsaciennes sous un angle sémiologique. Répondant mieux aux canons que l’on connait désormais des articles scientifiques, cette publication s’intéresse aux bricolages internes entre fêtes païennes d’origine celtique et germanique et à la leur superposition avec le culte des saints chrétiens que l’on retrouve dans des adages, proverbes et coutumes alsaciennes.

À un autre niveau, la cuisine alsacienne est étudiée dans la revue sous différents aspects dont la cuisine alsacienne en général (Marie-Noël Denis, n°4), les stéréotypes de la cuisine alsacienne (Suzie Guth, n°5), la technologie de la cuisine rurale alsacienne d’autrefois (Julien Nussbaum, n°8), certains de ses aspects (Julien Freund, n°9), les fours à pain (Marie-Noële Denis, n°9). De ces articles sur la cuisine alsacienne, dont le point de départ est une enquête du CRESS (Centre de recherche et d’études en sciences sociales) de l’Université de Strasbourg, tout commence par une étude des menus de fête à la suite duquel Marie-Noële Denis fait appel aux lectrices et lecteurs de la Revue en vue d’une collecte de « tout document sur la cuisine alsacienne » (n°4, pp. 31-32). Ensuite, Julien Nussbaum se focalise sur la cuisine d’avant la Première Guerre mondiale en s’intéressant d’une part à la production alimentaire en Alsace à cette époque et d’autre part aux ressources matérielles. Il en ressort une analyse fine et détaillée en termes de régimes et d’apports nutritionnels moyens. Puis, dans un second article publié dans le n°8 Nussbaum examine les aspects technologiques de la cuisine alsacienne d’autrefois. Dans cette autre partie de son enquête il s’intéresse tout d’abord aux processus d’acquisition, transformation et consommation des biens alimentaires distinguant ainsi les apports carnés de ceux végétaux puis à quelques plats typiques, tel que le bæckeofe ou la choucroute. Le tout est suivi d’une riche bibliographie qui, à toutes fins utiles, peut encore aujourd’hui servir de référence (pp. 300 sq) à quiconque souhaiterait poursuivre l’enquête.

À ce tour d’horizon, il convient encore d’ajouter quelques articles sur des métiers au sujet desquels un lien avec la cuisine et la commensalité peut être établi : les bouilleurs de cru et les brasseurs (Bertrand Hell, n°10), le stammtisch (Isabelle Bianquis, n°10), les habitudes de consommation carnée dans certaines communes alsaciennes (Colette Méchin, n°11), etc. Les sujets travaillés autour de la cuisine sont pour partie doublés de questionnements et de spécificités liées aux cultes reconnus en Alsace. Par exemple, lorsque Colette Méchin analyse les habitudes de consommation carnée à Hunhawihr, elle souligne que le choix de cette commune a été établi en raison du fait que 70 % de la population de la commune y est protestante (Méchin, 1982, p. 183). Les singularités liées au pluriconfessionnalisme alsacien se retrouvent d’ailleurs pour partie dans les quelques articles relatifs à l’architecture, notamment rurale alsacienne, qui sont entre autres travaillés par Julien Freund (n°3, 1974) et Marie Claude Groshens (n°5, 1976) puis prolongés autour d’études en lien avec l’Institut d’urbanisme de l’Université. On songe ici aux études sur les cités ouvrières rurales ou urbaines conduites par Stéphane Jonas. 

Pour terminer, il convient de reconnaitre que dencore ’autres thèmes auraient pu servir de fil directeur, tel que l’étude des conflits environnementaux, les enquêtes sur la scolarisation, le chômage et le travail et dont la plupart étaient centrés sur l’Alsace. Et qui, parce que non développés ici sont autant d’invitations à une exploration des anciens numéros, désormais disponibles sur le portail Persée (https://www.persee.fr/collection/revss).

Conclusion

Il ressort de ce tour d’horizon que la Revue des sciences sociales, telle qu’elle s’est déployée durant les dix premières années de son existence est une revue constituée autour d’un noyau dur, composant une partie importante des contributrices et contributeurs à ses débuts, c’est-à-dire avant qu’elle ne s’élargisse à d’autres horizons. Il s’agit aussi d’une revue donnant une large place aux femmes, comparativement aux autres revues de sciences sociales qui lui étaient contemporaines et qui restaient très masculines, aussi bien lorsque l’on examine les comités de rédaction desdites revues que les autrices amenées à y publier leurs travaux. 

Nous avons observé que bien que ne faisant pas état d’un projet éditorial clair, ni de numéros thématiques, la revue se distinguait par des fils tirés par la rédaction comme en témoigne un des graphiques montrant la fréquence de certains thèmes et en miroir la rareté d’autres. 

Enfin, force est de constater que la Revue des sciences sociales de la France de l’Est a durant les dix premières années de son existence plutôt été une revue alsacienne. Elle s’est inscrite dans un paysage éditorial régional au sein duquel les sciences sociales étaient notoirement absentes jusqu’alors. 

Durant cette première phase d’existence qui était l’objet de cette contribution, la Revue n’a que difficilement franchi la ligne bleue de Vosges. Un tel constat n’est pas un reproche pour autant, tant les recherches sur l’Alsace, ses singularités et les communautés qui l’habitent étaient manquantes. En ce sens, et c’est une expression qui revint à plusieurs reprises dans les différents numéros de la revue, il s’agissait pour l’équipe éditoriale et de rédaction de poser avant tout des jalons : jalons sur les Juifs d’Alsace et en Alsace, jalons pour l’étude des arts et traditions populaires à un moment où le progrès technique et civilisationnel risquait de faire perdre à tout jamais une tradition orale, jalons pour l’étudee et l’usage des langues alsacienne, yedisch-daïtsch, yéniche, etc. (qui étaient en train de disparaître – et avec elles des pans entiers d’une culture singulière car désormais quasiment intégralement supplantées par l’usage du français). En ce sens, les contributrices et contributeurs de la Revue des sciences sociales, à l’instar des ethnologues qui recueillaient en des contrées lointaines des témoignages, pratiques et traditions, s’en étaient allés arpenter l’Alsace du Nord au Sud, des rives du Rhin aux vallées et ballons des Vosges pour rendre compte, analyser et témoigner des nombreuses singularités de ce pays des marges et c’est tout à leur honneur.  

Bibliographie des références externes à la RSS 1 à 11

Bensa A., « Patrick Williams (1947-2021), En attendant Nadeau, n°121, 2021. En ligne : https://www.en-attendant-nadeau.fr/2021/02/04/hommage-patrick-williams/

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[1] Pierre Kim, La Revue d’Alsace (1834-1974), une historiographieRevue d’Alsace, vol. 110, 1984, p. 5-26.

[2] Léon Daul, Bernadette Algret-Specklin, Paul-André Befort et Marion Ley, ‘s Elsàssbüech. Le livre de l’Alsace, Éditions du Donon, 2010.

[3] Erny Pierre, « L’enseignement de l’ethnologie à Strasbourg » (1986). Bulletin de l’Association française des anthropologues, n°23-24, 1986. Les enseignements, sous la direction de Charles-Henry Pradelles de Latour et Josiane Massard. pp. 38-57. DOI : https://doi.org/10.3406/jda.1986.2148 /www.persee.fr/doc/jda_0249-7476_1986_num_23_1_2148

[5] Muel-Dreyfus Francine, « L’école obligatoire et l’invention de l’enfance anormale », Actes de la recherche en sciences sociales, Vol. 1, n°1, janvier 1975, pp. 60-74. 

[6] Dans ce même numéro, Yvette Delsaut apparaît comme second auteur aux côtés de Pierre Bourdieu dans : Pierre Bourdieu, Yvette Delsaut, « Le couturier et sa griffe : contribution à une théorie de la magie », Actes de la recherche en sciences sociales, Vol. 1, n°1, janvier 1975, pp. 7-36. 

[7] Monique de Saint Martin est seconde auteur de : Claude Grignon, Monique De Saint Martin, « De la propagation de la foi dans les réformes », Actes de la recherche en sciences sociales, Vol. 1, n°2, mars 1975 et de Bourdieu Pierre, de Saint Martin Monique, « Les catégories de l’entendement professoral », Actes de la recherche en sciences sociales, Vol. 1, n°3, mai 1975, pp. 68-93.

[8] Exceptée Janina Lagneau comme troisième auteur de l’article : Boudon Raymond, Cibois Philippe, Markiewicz-Lagneau Janina, « Enseignement supérieur court et pièges de l’action collective », Revue française de sociologie, 1975, Vol. 16, n°2, pp. 159-188. 

[9] La solution finalement adoptée étant la création, en 1970 de vingt-deux régions métropolitaines, puis en 1972 de conseils régionaux qui sont, à ce stade, des coquilles à demi vides.

[10] Frédéric Coste, « Bouthoul et la polémologie : l’étude des causes profondes de la guerre », Les Champs de Mars, vol. 12, n° 2, 2002, pp. 9-30 ; Michel Loetscher, Louise Weiss. Une Alsacienne au cœur de l’Europe, Nancy, Stanislas, 2009.

[11] Julien Freund, « L’Institut de polémologie de Strasbourg », RSS, n°4, 1975, p. 333-338.

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